La Nouvelle-Orléans après katrina

Trois semaines après le passage du cyclone Katrina dans le sud des Etats-Unis, le retour attendu lundi des premiers habitants à La Nouvelle-Orléans (Louisiane) a suscité une polémique entre le maire et le responsable des secours. Le vice-amiral Thad Allen, commandant des opérations fédérales de secours après le cyclone Katrina, a demandé dimanche au maire de La Nouvelle-Orléans Ray Nagin de "ralentir" ce retour car il juge que les conditions sanitaires et matérielles ne sont pas assez bonnes.
"Nous lui conseillons de ralentir et de faire les choses à un rythme plus mesuré", a-t-il dit dans un entretien à la chaîne de télévision Fox News. "Il y a des problèmes sanitaires importants liés à la qualité de l’eau potable. Il n’y a pas d’eau potable (…) l’eau est seulement bonne pour les chasses d’eau et les pompiers", a-t-il ajouté.
Thad Allen a précisé qu’il allait rencontrer lundi le maire pour discuter de ce sujet. "Mon travail est de lui donner les meilleurs conseils", a-t-il dit, reconnaissant toutefois qu’il n’avait pas le moyen d’interdire le retour des habitants de La Nouvelle-Orléans si le maire maintenait cette décision. Trois semaines après le passage du cyclone, Ray Nagin, a décidé de laisser rentrer, à partir de lundi, quelque 180.000 habitants de la ville, qui en comptait 485.000 avant le passage de l’ouragan le 29 août.
Dès ce week-end, des propriétaires de commerces du centre-ville ont commencé à rouvrir leurs magasins pour faire redémarrer la vie économique. Samedi, Thad Allen avait déjà appelé, dans un communiqué, la population qui souhaite revenir dans la ville sinistrée à la plus grande prudence en raison des mauvaises conditions sanitaires. "Je demande à tous les habitants d’être très prudents lors de leur retour et d’envisager de repousser ce retour, jusqu’à ce que des conditions plus sûres et plus vivables soient rétablies", avait-il dit.
Dans la ville dévastée, inondée à 80% pendant plusieurs jours, les réseaux électrique, d’eau, d’égouts n’étaient que partiellement rétablis, tandis que la pollution et la prolifération des bactéries faisaient peser des risques pour la santé. Les équipes de secours continuaient dimanche leur macabre collecte de cadavres dans les quartiers inondés. Le dernier bilan provisoire des victimes du cyclone sur le sud des Etats-Unis s’établissait dimanche à 880 morts, dont 646 en Louisiane.
De son côté, l’ancien président américain Bill Clinton a vivement critiqué le programme de baisses d’impôts du président George W. Bush jugeant qu’il était en contradiction avec le besoin d’argent pour financer la guerre en Irak et la reconstruction après le cyclone Katrina. "Il est très important que les Américains comprennent que les baisses d’impôts (…) concernent pour la moitié d’entre elles les gens qui sont dans ma tranche fiscale", a-t-il dit à la chaîne américaine ABC. Ces baisses d’impôts "sont responsables de l’énorme déficit structurel", a-t-il ajouté. "Cela signifie que chaque jour notre gouvernement emprunte de l’argent sur le marché financier à d’autres pays pour financer l’Irak, l’Afghanistan, Katrina et nos baisses d’impôts", a dénoncé Bill Clinton. "Je ne pense pas que cela ait un sens. Je pense que c’est une erreur", a-t-il martelé.
Le président Bush a annoncé vendredi qu’il comptait sur des coupes dans les dépenses de l’Etat fédéral, plutôt que sur des hausses d’impôt, pour financer les conséquences du cyclone Katrina. Plusieurs élus du parti républicain du président Bush commencent à renâcler devant l’énorme effort financier à prévoir pour l’après-Katrina, que certains chiffrent à plus de 200 milliards de dollars.

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