La tempête du CPE touche L’Europe

À l’instar de la France, des mouvements sociaux ont touché hier la Grande-Bretagne, où plus d’un million de fonctionnaires des administrations locales britanniques étaient en grève pour défendre leurs retraites et l’Allemagne, en proie à des arrêts de travail dans l’industrie automobile et la fonction publique.  Les fonctionnaires des administrations locales britanniques ont protesté contre une réforme qui menace de les faire travailler jusqu’à 65 ans contre 60 ans pour leurs collègues de l’administration centrale. Le gouvernement avait maintenu le départ à 60 ans pour ces derniers à l’automne, mais veut retirer la règle dite des 85 ans qui permet à un fonctionnaire local de toucher une indemnité complète à 60 ans si la somme de son âge et de ses années de services est supérieure à 85 ans. Les salariés estiment qu’il leur faudra donc travailler plus longtemps, jusqu’à 65 ans pour la plupart, pour obtenir une retraite décente. Ce mouvement de 24 heures, le plus important du pays depuis la grève générale de 1926, selon les syndicats, était très suivi d’après les premières estimations, qui chiffraient jusqu’à 1,5 million le nombre de grévistes. Le secteur de l’éducation était le plus touché, quelque 2.000 écoles n’ayant pas ouvert leurs portes, avec un taux de 70% à Londres. Services administratifs et sociaux, bibliothèques et musées, centres sportifs et de loisirs, services de police et pompiers, ramassage des ordures et transports en commun étaient également perturbés.
Le ministre britannique des Finances, Gordon Brown, a croisé des grévistes à l’entrée d’un bâtiment public de la City, mais ne leur a pas dit un mot, contrairement à l’ancien président américain Bill Clinton qui l’accompagnait pour une conférence. L’appel à la grève, lancé par onze organisations, a reçu une "réponse fantastique", a souligné le syndicat de la construction Ucatt, alors que le syndicat Unison, le premier de la fonction publique locale, a prévenu qu’il y aurait d’autres grèves si celle de mardi ne débouchait pas sur des négociations. L’Allemagne, quant à elle, était en proie à une agitation sociale importante qui va des agents de la fonction publique aux médecins et depuis mardi à l’industrie automobile. Mais ces conflits sociaux ne défient pas le gouvernement d’Angela Merkel. Un millier de salariés du constructeur BMW ont cessé le travail mardi à Leipzig (est) pour une " grève d’avertissement" qui devrait à partir de mercredi toucher de nombreux autres groupes automobiles.
C’est même quasiment tout le secteur industriel allemand, de la construction mécanique aux technologies de pointe et à l’acier, qui devrait à terme être touché par des mouvements sporadiques d’arrêt du travail. Objectif de ces débrayages ? Faire pression sur le patronat alors que les négociations avec les syndicats autour des revalorisations salariales s’enlisent. Le syndicat de la métallurgie IG Metall réclame 5% d’augmentation de salaires pour les 3,4 millions de salariés du secteur. Le patronat n’a pas fait de proposition officielle mais estime que la hausse ne doit pas dépasser les gains de productivité, évalués entre 1,2% et 1,4%.

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