L’adaptation aux changements climatiques n’est plus un choix, c’est une obligation !

L’adaptation aux changements climatiques n’est plus un choix, c’est une obligation !

A quelques semaines de la COP22, les changements climatiques prennent de plus en plus de place dans les débats. Avec cet événement d’envergure le Maroc s’impose comme leader régional du climat. C’est dans cette dynamique que s’est tenu à Rabat l’Atelier sur la finance climat pour les entités de mise en œuvre nationales. Dans ce sens, cet atelier soutenu par l’Agence de développement agricole (ADA) et le Fonds pour l’adaptation (FA) a abordé les principales thématiques sur l’adaptation et le financement de projets en matière de changements climatiques. Et ce dans le but de donner plus de visibilité à la proposition marocaine à la COP22. En présence de plusieurs experts et en particulier les représentants des diverses organisations mondiales dans le domaine tels que Marcia Levaggi, directrice exécutive du Fonds d’adaptation, Michael George Hage, représentant du FAO au Maroc, et Philippe Poinsot, représentant résident du PNUD au Maroc.

En ouverture de cette session, Aziz Akhannouch, ministre de l’agriculture et de la pêche maritime, a mis l’accent sur les effets des changements climatiques. Ceux-ci «pèsent sur les populations les plus vulnérables du monde et plus particulièrement sur celles de la région MENA qui sont les moins préparées et les moins outillées à faire face aux événements et aléas climatiques extrêmes».

De même, le ministre a attiré l’attention sur le fait que cette région en particulier «est l’une des régions les plus vulnérables aux changements climatiques en raison notamment de la pénurie d’eau et du fait qu’une grande partie de la population et de l’activité économique est concentrée dans des zones côtières urbaines en proie aux inondations».

Cette situation, selon M. Akhannouch, est une réalité face à laquelle «la question de l’adaptation aux changements climatiques n’est plus un choix pour notre région, c’est une obligation».

Les enjeux sont à la fois stratégiques et financiers selon le ministre. «Afin de faire face à cet enjeu, le Maroc s’est engagé de manière volontariste à mettre en œuvre des actions d’adaptation et d’atténuation dans le cadre d’une approche intégrée, participative et responsable».

Garantir des financements aux projets

Le Maroc a donc des objectifs et en particulier  faire face aux défis futurs auxquels il sera confronté.

Il s’agit dans ce sens de «l’insuffisance des ressources financières appropriées, car l’ampleur des chantiers à mener nécessite un appui de la communauté internationale à travers des fonds climat, en l’occurrence le Fonds d’adaptation et le Fonds vert pour le climat avec une approche équitable entre les projets d’adaptation et d’atténuation».

Les fonds annuels mobilisés au niveau international pour financer un développement sobre en carbone et augmenter la résilience climatique ne représenteraient cependant qu’à peine la moitié des fonds nécessaires selon les dernières estimations.

La problématique du climat est fondée sur la disponibilité des ressources. Ainsi le ministre a mis l’accent sur cet aspect fondamental qui constitue «l’objet d’une attente forte des pays en développement et l’une des composantes clés de l’opérationnalisation de l’Accord de Paris».

Selon M. Akhannouch, «l’accès au financement des différents projets de lutte contre le changement climatique reste le maillon faible des programmes des pays en développement. Ainsi, nous devrions établir des plans cohérents avec des projets précis et bancables de lutte contre le changement climatique, afin de pouvoir profiter du financement climatique».

Il souligne de ce fait que «les dons et les prêts assortis de conditions libérales sont essentiels aux efforts d’adaptation dans les pays en développement les plus vulnérables, tels que les pays de la région MENA».

L’initiative «Triple A» pour l’Afrique et la zone MENA

«La COP22 sera l’occasion de convenir d’une feuille de route opérationnelle dans le sens notamment d’une accélération et d’une facilitation de l’octroi de financements pour des projets d’atténuation et d’adaptation aux changements climatiques, tout particulièrement pour les pays et les territoires les plus vulnérables comme la région MENA».

«Le Maroc portera plusieurs initiatives complémentaires à la COP22, au nom du l’Afrique et donc d’une grande partie de la zone MENA». Lors de son intervention, le ministre de l’agriculture a dévoilé les points primordiaux de l‘initiative marocaine à la COP22. La première d’entre elles est l’initiative «Triple A». Celle-ci a pour finalité  «d’apporter une réponse efficace et concrète au constat d’un triple biais dans le financement de l’adaptation, de l’agriculture et de l’Afrique». Le ministre n’a pas manqué de souligner que «l’Afrique ne capte qu’une faible portion (inférieure à 5%) des financements pour la lutte contre les changements climatiques».

Enfin,  à la question de la lutte contre les changements climatiques M. Akhannouch a souligné qu’ «avec moins de 4% de ces financements, l’agriculture est l’un des secteurs les moins dotés pour lutter contre les changements climatiques et leurs effets».

A partir de ce constat, l’initiative marocaine de triple A sera donc structurée en 2 volets selon le ministre. D’abord, il s’agit de mettre l’agriculture au centre des négociations climat et appuyer le principe d’un financement plus important et d’un suivi (monitoring) des fonds effectivement déboursés pour l’Adaptation, l’Agriculture et l’Afrique, ainsi qu’un accès facilité des projets africains aux fonds climat. Ensuite, contribuer au Global Climate Action Agenda en mettant en avant des projets et bonnes pratiques africaines dans les domaines de la gestion des sols, de la maîtrise de l’eau agricole, de la gestion des risques climatiques et du financement de l’agriculture familiale.

Oasis durable, un modèle unique menacé

En ce qui concerne l’initiative «Oasis durables», celle-ci, comme l’a expliqué le ministre, «a pour champ d’intervention les zones oasiennes, qui représentent un modèle solidaire d’organisation sociale». Selon le ministre de l’agriculture, «ce modèle unique est aujourd’hui menacé par les changements climatiques qui entraînent diminution des ressources en eau, dégradation des sols, recul de l’activité agricole et, in fine, délitement des communautés oasiennes. De plus, une urbanisation non contrôlée de ces espaces fragiles vient accentuer ce cycle enclenché par les changements climatiques».

Leila Ouchagour

(Journaliste stagiaire)

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