L’alphabétisation à distance est née au Maroc

C’est une première mondiale. L’ingénieur d’Etat marocain, Brahim Zriba, vient de mettre en place le premier dispositif d’alphabétisation à distance. Basé sur les technologies de l’information et de la communication, le procédé sera présenté officiellement le 17 février prochain, à l’occasion de la semaine de l’innovation. L’invention, dont les grands contours restent encore secrets (en attendant, précise l’auteur, l’aboutissement de quelques démarches notamment pour la protection au niveau de l’OMPIC), consiste en une solution permettant à un apprenant analphabète d’apprendre d’une manière autonome et individuelle la lecture, l’écriture, le calcul et la résolution des problèmes en utilisant un ordinateur connecté à Internet ou Intranet. Brahim Zriba est directeur de la recherche et Développement du département e-learning à Progress Partner, cabinet de conseil et de formation dans le domaine industriel. « Je ne suis pas à proprement parler un spécialiste de l’informatique. Mais cette discipline m’intéresse particulièrement », reconnaît M. Zriba qui a présenté dès avril 2002 une cellule e-learning de la division de la politique et l’analyse scientifique de l’Unesco qui en a fait une bonne appréciation. C’est fort de cette reconnaissance qu’il continue dans ses démarches en vue d’une homologation.
Deux mois plus tard, son projet est en phase d’incubation à l’ENSIAS, qui est l’une des étapes les plus délicates. Après acceptation du comité, et après développement du prototype de solution, l’invention est soumise à un test effectué sur un échantillon d’analphabètes réduits. Les résultats obtenus ont été probants. Aujourd’hui, le projet est rentré dans la phase d’industrialisation. Le jeune ingénieur marocain espère s’investir dans la bataille contre l’analphabétisation. « Le Maroc est en mauvaise posture aussi bien sur l’analphabétisation que sur l’illettrisme, phénomène peu pris en considération, mais qui frappe, dans un pays aussi développé comme la France, environ 10% de la population ».
L’avantage du procédé de Progress Partner, c’est que, « en plus d’être souple, il est bon marché ». « La nouveauté réside dans l’accès. Tout un chacun peut utiliser cet outil sans avoir besoin nécessairement d’un clavier ou d’un écran ». La solution comporte de « multiples avantages avec une adaptation sectorielle du contenu de la formation et une flexibilité horaire qui surplombe les contraintes professionnelles ou personnelles de l’apprenant qui peut opter pour une formation individualisée. Pour les entreprises et les collectivités, le retour sur investissement est garanti ».
La motivation essentielle de « Progress Partner » cabinet spécialisé en Formation, Conseil et Logiciel, est d’intégrer la lutte contre l’analphabétisation, laquelle est loin d’être gagnée. « C’est possible d’y arriver , poursuit M. Zriba. « Il y a sept millions de détenteurs de téléphones portables au Maroc. Dans ce nombre il y a des analphabètes qui arrivent à exécuter les fonctions essentielles d’un appareil numérique.
Cela montre qu’il est possible de réduire l’analphabétisme par de nouveaux procédés. » En attendant, Brahim Zriba et son invention sont encore en quête de reconnaissance. Une nécessité qui passe peut- être par un cachet du ministère.

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