L’Arabie Saoudite croule sous un déficit de 12 milliards de dollars

Le ministre saoudien des Finances a exclu dimanche tout recours de Ryad à l’endettement extérieur pour combler le déficit budgétaire de 12 milliards $ prévu pour l’exercice 2002. l’Etat prévoit 157 milliards de riyals de recettes (41,9 milliards $) et 202 milliards de riyals (53,9 milliards $) de dépenses. Ce déficit prévisionnel de 12 milliards $ est le plus lourd depuis celui enregistré en 1998 lorsque le royaume, poids lourd de l’OPEP, avait accusé un déficit de 13 milliards $ en raison d’une chute des cours du brut saoudien à 12 dollars par baril. La forte baisse des recettes, qui étaient estimées à 215 milliards de riyals pour 2001, s’explique par la chute des cours du pétrole et la baisse de la production de brut, après les attentats du 11 septembre. La production pétrolière d’Arabie saoudite, actuellement de 7,541 millions de barils par jour (mbj), devrait se limiter à 7 mbj en janvier en vertu d’une décision de l’OPEP. Le prix du baril de brut saoudien est inférieur d’environ deux dollars à celui du Brent qui a clôturé vendredi à 18,10 dollars le baril. Le royaume n’a pas détaillé ses recettes, mais des rapports économiques locaux évoquent un apport du secteur non-pétrolier de l’ordre de 40 milliards riyals (10,7 milliards $) et de 31,2 milliards $ pour le pétrole. La dette, contractée sur le marché bancaire et financier local, devrait se creuser avec le nouveau déficit qui, selon le ministre, va être financé par «des émissions de bons de trésor ou des emprunts» auprès des banques. Le ministre des finances a estimé, dans un communiqué, que pour 2001, l’Arabie Saoudite devrait accuser un déficit budgétaire de 25 milliards de riyals (6,7 milliards de dollars), alors que le pays tablait initialement sur un budget équilibré. Les recettes totales pour l’année en cours devraient ainsi atteindre 230 milliards riyals (61,3 milliards $), en hausse de 7 % par rapport aux 215 milliards riyals prévus. Mais les dépenses devraient se monter à 255 milliards riyals (68 milliards $), en dépassement de 18,6 % par rapport aux 215 milliards riyals attendus initialement. Le gouvernement prévoit d’engager quelque 817.300 saoudiens demandeurs d’emploi sur un plan qui s’échelonnera sur cinq ans, en remplaçant notamment 488.600 étrangers et en créant 328.000 nouveaux emplois dans le secteur privé. Le taux de chômage en Arabie saoudite, dont la population active est constituée à 65 % d’étrangers, s’établit entre 15 % et 20 %.

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