Le CES et les jeunes : La culture puissant levier d’inclusion

Le CES et les jeunes : La culture puissant levier d’inclusion

La 11ème session du Conseil économique et social a installé la culture à la place d’honneur de ses débats. Mais une culture réappropriée, productrice. Lors de la conférence de presse qui s’est tenue vendredi au lendemain de la plénière du Conseil, Chakib Benmoussa ne s’est d’ailleurs pas caché de cette fonctionnalisation de «la somme des représentations collectives» au service de la paix sociale. Il a donc parlé d’«inclusion des jeunes par la culture». Après auditions, investigations et débats, le Conseil est arrivé à la conclusion que la culture est une entrée à l’intégration des jeunes dans la vie sociale, a-t-il laissé entendre. En fait, le Conseil dresse un constat contrasté de l’existant culturel qu’il qualifie d’offre plurielle qui a rendu autonomes les jeunes par rapport aux sources traditionnelles de production et de diffusion de la culture alors même que les politiques publiques à destination des jeunes se caractérisent par le manque de transversalité, leur faible anticipation des changements et leur inadéquation par rapport aux besoins en infrastructures et de contenu. Au cours des dernières années, note le Conseil, l’absence d’une stratégie culturelle globale n’a pas permis de valoriser le patrimoine culturel, ni de développer un projet fédérateur susceptible de mobiliser le potentiel créatif et artistique et encore moins de promouvoir l’éducation de l’effort, de l’initiative et de la créativité. Et, ajoute le Conseil, il y a d’autant plus péril en la demeure que «certaines factions de jeunes se sont retrouvées sans défense face à des mouvements poussant à la marginalisation ou prônant la violence, voire l’embrigadement extrémiste». Alors, pour raviver la flamme du patrimoine culturel, il faut actualiser celui-ci et l’enrichir de nouveaux apports universels de manière à en faire un antidote contre les poisons des cultures dévoyées qui prônent la luxure ou celles qui arrangent les religions à leur convenance. Ahmed Abbadi, président de la commission de la culture au CES, a parlé, quant à lui, de la nécessité d’immuniser les jeunes contre les mauvaises tentations. Mais pas seulement, s’est-il empressé d’ajouter, dans l’intention manifeste de couper court aux interprétations qui pourraient faire croire à une «mollahisation». La culture doit également servir à gagner sa vie si elle ne veut pas finir en image d’Épinal, a-t-il déclaré. Alors pour faire de la culture un levier d’inclusion des jeunes, deux axes selon le Conseil : reconsidérer la place de la culture dans la conscience collective et le projet de société et aussi, adopter des mesures institutionnelles et opérationnelles pour faire de l’inclusion des jeunes par la culture un fondement des politiques sectorielles. Dans le lot des mesures préconisées, celle-ci qui sonne comme une mise en garde : «Afin d’éviter toutes formes de dérapages que la Toile permet de produire, il est proposé la constitution d’un organisme indépendant possédant les moyens de régulation, les conditions normatives et l’autorité éthique nécessaires pour garantir les droits et libertés des personnes utilisant les moyens numériques».

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