Le drapeau palestinien flotte sur Ramallah

Plusieurs palestiniens ont été blessés par des tirs de l’armée israélienne dans la bande de Ghazza. Par ailleurs, Ariel Sharon est vivement critiqué au lendemain de la levée du siège de Yasser Arafat. Ce siège de dix jours se solde par un échec cuisant, juge la presse israélienne. « La leçon pour l’avenir ? La clé de tout accord au Proche-Orient repose entre les mains de Bush, et de lui seul », estime le Yedioth Ahronoth. Le gouvernement israélien, qui voulait contraindre Yasser Arafat à lui remettre des militants palestiniens qui ont trouvé refuge dans les locaux de la Mouqataâ, a été contraint de faire marche-arrière sous la pression des Etats-Unis.
Yasser Arafat avait raison de brandir le V de la victoire dimanche en émergeant des ruines de la Mouqataâ après la levée du siège. Le président palestinien est apparu souriant devant les sacs de sable protégeant l’entrée du dernier bâtiment encore debout de la Mouqataâ détruite par les bulldozers israéliens pendant dix jours de siège.
S’exprimant, peu avant sa sortie, Arafat avait parlé de retrait de façade destiné à tromper la communauté internationale. De fait, l’armée israélienne reste à Ramallah, qui est toujours soumise à un couvre-feu.
La levée du siège a fait suite à un message très ferme envoyé à Sharon par Bush. Le président américain, qui tente de convaincre la communauté internationale du bien-fondé d’une intervention contre l’Irak, a déclaré à Sharon que la pression imposée à Arafat compliquait la politique irakienne des Etats-Unis. Lors de votes d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies exigeant la levée du siège, Washington, qui apporte habituellement un soutien indéfectible à Israël, s’était abstenue.
L’allégement du siège de la Mouqataa est un revirement et une défaite pour Israël qui avait affirmé qu’il maintiendrait ses troupes tant qu’Arafat ne lui aurait pas remis les activistes recherchés. L’opération israélienne a produit l’effet inverse de ceux escomptés par Sharon, qui voulait isoler Arafat et porter un coup au président. Au contraire, les Palestiniens ont bravé le couvre-feu imposé en Cisjordanie et dans la Bande de Ghazza pour exprimer leur soutien à Arafat dont l’aura semblait décliner.
Le siège de la Mouqataâ a également provoqué des fissures au sein de la coalition gouvernementale israélienne. «Nous sommes allés à la Mouqataâ sans raison et nous nous y sommes enlisés», a réagi Haïm Ramon, un dirigeant influent du Parti travailliste. Selon des médias israéliens, durant la réunion du gouvernement dimanche, le ministre des affaires étrangères, Shimon Peres, qui est un ténor du parti travailliste, aurait lancé à Sharon : «le monde entier est contre nous». «Le monde entier est toujours contre nous», lui aurait répondu Sharon.
Ce dernier voulait en finir avec Arafat, mais il a perdu cette bataille. Il pensait que l’Autorité palestinienne s’effondrerait en même temps que les bâtiments de la Mouqataâ. Il a échoué essentiellement pour deux raisons : la première c’est la mobilisation du peuple palestinien. La seconde, ce sont les pressions des Etats-Unis. Et puis, Arafat est un expert dans la gestion des crises, rappelait un proche du président palestinien.
Alors que les chars israéliens procédaient au retrait de la Mouqataâ, Sharon s’est envolé pour Moscou, où il s’est entretenu de la situation au Proche-Orient.

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