Le futur du monde arabe selon Benkirane, El Hassan Ben Tallal et Gilles Keppel

Le futur du monde arabe selon Benkirane, El Hassan Ben Tallal et Gilles Keppel
C’est du passé et de l’avenir qu’on discuté les participants à la 10ème édition de la conférence Harvard, organisée par les lauréats arabes de la prestigieuse université américaine vendredi et samedi derniers à Rabat. Cette rencontre annuelle s’était tracée comme objectif de cette édition d’explorer les voies de développement futures pour le monde arabe. 
 
Revenant sur l’expérience du Maroc lors du printemps arabe, le chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, a expliqué que les facteurs qui ont fomenté le printemps arabe dans d’autres pays étaient tous présents au Maroc, mais à moindre échelle. « Le peuple marocain a rapidement appris la leçon (…) il est descendu dans la rue avec un message clair : il appelait au changement mais avec la préservation des institutions », a-t-il affirmé. Revenant sur les relations entre le peuple marocain et la monarchie, le chef de gouvernement a souligné que « Le Maroc a été construit autour de la légitimité, il ne s’agit en aucun cas de pouvoir totalitaire ». 
 
Abdelilah Benkirane a, par ailleurs, saisi cette occasion pour revenir sur les principales réformes entamées durant son mandat à la tête de l’exécutif. « Je peux aujourd’hui vous dire que le clientélisme et la corruption pour l’accès à a fonction publique a pris fin», s’est-il targué. Faisant vaguement mention des orientations futures du gouvernement, le chef de l’exécutif a assuré qu’au Maroc, le combat à mener est celui pour la justice sociale. «Les marocains peuvent supporter la pauvreté, mais pas l’injustice», a-t-il affirmé.
 
Dans ce même sillage, le prince jordanien El Hassan Ben Tallal a insisté sur l’importance de l’éducation pour le futur du monde arabe. « Le Maroc dispose, dans les conditions actuelles, des moyens et de la plate-forme nécessaires l'habilitant à déclencher une nouvelle et réelle révolution scientifique pour former les formateurs », a-t-il indiqué. 
 
L’oncle du roi Abdallah II a, en outre, plaidé pour une identité arabe « commune et globale », à travers l’homogénéisation des politiques gouvernementales dans certains secteurs afin, entres autres, d’assurer la sécurité alimentaire dans le monde arabe. 
 
De son côté, Gilles Keppel, professeur à l’institut des sciences politiques de Paris et spécialiste du monde musulman, est revenu sur les phénomènes post-printemps arabe. « Il y a trois ans, tout le monde était optimiste par rapport aux changement que connaissait le monde arabe. Cependant, le printemps arabe a été suivi par une situation marquée par des paradoxes profonds », a-t-il noté. L’universitaire a ainsi cité Daech comme étant l’un des défis actuels du monde arabe, s’attardant sur ses méthodes de ciblage, de recrutement et de financement. « Daech argumente ce qu’elle fait par des citations du Coran, tandis que certains savants musulmans avancent que les actes de Daech n’ont rien à voir avec l’Islam. De là, on peut se demander qui a le droit d’interpréter des textes religieux vieux de 1400ans ? », a-t-il souligné. 
 
La conférence Harvard dédiée au monde arabe est organisée par les lauréats arabes de différentes écoles de l'université de Harvard, notamment Harvard kennedy School of government, Harvard Law School, Harvard business school, Harvard graduate school of engineering and sciences et Harvard College. La conférence attire, chaque année, plus d’un millier de participants, entre chefs d’entreprises, responsables gouvernementaux, acteurs publics et universitaires. A cette occasion, les organisateurs ont remis un prix honorifique au chef de gouvernement.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *