Le gouvernement s’attaque à un dossier épineux…

Le gouvernement s’attaque à un dossier épineux…

15 millions d’hectares de terres collectives à assainir

Il y a quelques jours, dans le cadre de la séance mensuelle de questions/réponses devant la première Chambre, le chef de gouvernement a fait une grande annonce au sujet des terres collectives en révélant que l’Etat prépare actuellement une opération qui devrait porter sur la cession de quelque 300.000 hectares. Une première tranche, de 46.000 hectares, sera lancée dans la région du Gharb qui a été retenue comme zone pilote avant de pouvoir généraliser la procédure, toujours selon M. El Othmani.

Ce dernier a enfin précisé que sur les 46.000 hectares, seuls 26.000 ha sont en fait recensés, identifiés, clairement délimités et pourront faire l’objet d’une première vague de cessions. Les 20.000 restants sont en cours d’identification, notamment des superficies et surtout des ayants droit. Par la même occasion, le gouvernement a annoncé qu’il a mis en place une procédure beaucoup plus simplifiée que par le passé pour permettre aux ayants droit de prendre rapidement possession de leurs biens.

Tout cela est encourageant, certes, mais quid du reste, tout le reste ? Car les 46.000 ha dont il est question aujourd’hui représentent moins de 1% à peine de la superficie totale des terres collectives qui atteint 15 millions d’hectares selon les derniers chiffres officiels fournis par la direction des affaires rurales au ministère de l’intérieur. Et ce n’est pas tout. Sur les 15 millions d’hectares, ce sont à peine 7 millions qui sont identifiés avec précision.
8 millions doivent encore être recensés, localisés et leurs ayants droit répertoriés.

La preuve que le dossier est des plus compliqués, c’est que la première opération de cession de terres collectives aux ayants droit remonte à 1976 alors que près de 40 ans plus tard, l’assiette foncière est encore gigantesque. Mais, vraisemblablement, les pouvoirs publics semblent être déterminés cette fois-ci à mener activement l’opération. Et pour cause, une grande partie des financements octroyés par l’administration américaine dans le cadre du Millennium Challenge Account (MCA) est dédiée à l’assainissement de la problématique du foncier au Maroc dont notamment celle des terres collectives. Une chose est sûre, ce vaste programme va très probablement s’étaler sur au moins une dizaine d’années…

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