Le GRAPO bientôt démantelé

L’homme d’une quarantaine d’années arrêté dimanche à Paris est le 15ème membre du GRAPO à tomber dans les filets de la police en l’espace de trois jours. Une première prise, effectuée simultanément par les polices française et espagnole jeudi dernier, avait en effet permis l’interpellation de 14 militants du mouvement. Les huit arrestations intervenues dans la capitale française avaient notamment entraîné le démantèlement de la direction de l’organisation marxiste, ses chefs résidant pour la plupart à Paris.
Dans le lot figuraient Fernando Hierro Chomon, responsable de la réorganisation de la commission militaire, Marcos Martin Ponce, responsable des commandos et assassin présumé d’un policier en 2000, et Gema Rodriguez Miguel, responsable d’une cellule armée et aussi acteur de la réorganisation du groupe. Côté espagnol, le ministre de l’intérieur Angel Acebes avait alors confirmé l’arrestation de six autres militants – essentiellement des «membres opérationnels» – dans trois régions du pays. Saluant l’importance du coup de filet parisien, il avait également indiqué que l’une des principales activités actuelles de ces GRAPO était «d’attaquer des banques et des transporteurs de fonds afin de reconstituer leurs moyens financiers, et de recueillir des informations sur de futurs objectifs».
Le GRAPO était actuellement en phase de réorganisation.
La dernière opération spectaculaire du groupe remonte au mois d’août 2001, quand deux bombes de faible puissance avaient blessé un passant à Barcelone (Catalogne). En mai 2000, le GRAPO – placé dans la liste européenne des organisations terroristes en décembre dernier – avait été accusé du meurtre de deux vigiles lors de l’attaque d’un fourgon blindé à Vigo, dans le nord-ouest de l’Espagne. Il avait cette année-là, en novembre, été « décapité » une première fois avant de tenter de renaître. Fondé en 1975, un mois avant la mort du dictateur Franco, le GRAPO (Grupo de resistencia antifascista primero de octubre) était la branche armée du parti communiste espagnol, contraint à l’époque à vivre dans la clandestinité. Selon le département américain d’Etat, il se serait rendu coupable de plus de 90 meurtres.
La police espagnole quant à elle, lui attribue, la mort de 83 personnes depuis 1975, presque toutes avant 1985. Le mouvement revendiquait une idéologie marxiste pure et dure, à l’image des Brigades rouges italiennes, de la Fraction armée rouge allemande, ou encore du groupe français Action directe.
Depuis l’arrestation en 1985 de 25 de ses membres, le GRAPO avait fortement réduit son activité. Il y a cependant eu l’enlèvement toujours non élucidé de l’industriel espagnol Publio Cordon en 1995, des attaques de fourgons blindés, des attentats à l’explosif contre des agences d’emploi temporaire et le journal El Mundo à Barcelone.

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