Le Hamas sur ses gardes

Le Hamas sur ses gardes

Chaque militant, du moins gradé au plus haut responsable politique, doit se considérer comme une cible potentielle, souligne dans un communiqué solennel à ses troupes le Mouvement de la résistance islamique Hamas. Depuis trois jours, Abdelaziz al-Rantissi (qui a déjà miraculeusement survécu le 10 juin à un raid) et Ismaïl Alia, deux leaders du Hamas, sont injoignables sur leur téléphone portable habituel. Des responsables du Jihad islamique viennent aussi de changer de numéro. Ces deux mouvements avaient revendiqué le sanglant attentat perpétré la semaine dernière dans un autobus de Jérusalem. « Nos frères doivent garder en tête qu’ils sont en permanence surveillés. Ils doivent restreindre leurs communications, avec tous les types de téléphone, ne jamais donner un lieu ou une heure de rendez-vous par téléphone », recommande le Hamas. Dans le petit territoire de la bande de Gaza, où les groupes radicaux sont très implantés, l’armée israélienne écoute les conversations téléphoniques et peut localiser un utilisateur de téléphone cellulaire. Elle dispose aussi d’une réserve de « collaborateurs » qui lui donnent des informations sur les déplacements des hommes qu’elle veut abattre. Le Hamas met en garde contre ces « yeux » et ces « oreilles ». « Vous ne savez pas qui est en train de vous surveiller : cela peut être un commerçant dans la rue, un voisin, une voiture derrière vous », rappelle le mouvement. Un responsable israélien a assuré mercredi à l’AFP que l’armée allait poursuivre ses « liquidations ». Le Hamas recommande à ses militants de ne plus utiliser de voitures, sauf cas d’impérieuse nécessité, de ne pas avoir plus d’un activiste par véhicule, et de circuler uniquement dans des rues étroites. L’objectif est de rendre plus compliqués d’éventuelles filatures ou tirs de missile par hélicoptères israéliens «Apache». A Gaza, les observateurs ont déjà noté que les responsables islamistes ont fortement restreint leurs sorties. Après l’attaque contre Jabaliya, aucun responsable du Hamas ne s’est rendu, contrairement à la coutume, à l’hôpital pour y rencontrer les blessés. Le Hamas conseille enfin à ses militants de changer leur apparence générale, notamment sur le plan vestimentaire afin de dissiper les risques d’être reconnu par un des collaborateurs d’Israël. Selon la presse palestinienne de mercredi, le ministre de l’Intérieur de l’Autorité palestinienne a ouvert une enquête pour tenter de retrouver les collaborateurs qui ont permis à Israël de tuer Abou Chanab, Chtaoui et leurs hommes.

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