Le Mondial des droits de l’Homme se tient à Marrakech: Dans quoi s’engage le Royaume ?

Le Mondial des droits de l’Homme  se tient à Marrakech: Dans quoi s’engage  le Royaume ?

Au moment où Est et Ouest du globe baignent dans conflits, crises et violence sous toutes ses formes, s’arrêter sur la question des droits de l’Homme est plus qu’impératif. C’est dans ce sens que tous les regards se tournent aujourd’hui vers Marrakech, où un focus sur les droits élémentaires et basiques de tout être se fait en ce moment même. La ville ocre abrite en effet, et jusqu’au 30 novembre, la deuxième édition du Forum mondial des droits de l’Homme (FMDH). De quoi parle-t-on ? Pourquoi le Maroc? Et quelles sont les responsabilités qui pourraient s’ensuivre pour le Royaume ?

A l’échelle mondiale, la question des droits humains fait grincer des dents. Non seulement elle inquiète mais elle met également chaque acteur face à ses engagements. Lesquels engagements seront au cœur de quatre jours de conclave. Des intervenants du monde entier viendront partager, dénoncer et enrichir le processus d’universalisation des droits humains. Il serait question de torture, de droit à la vie, de la traite humaine, des droits des migrants, de santé mentale, de la situation de l’enfance et la femme ainsi qu’un bon nombre de problématiques qui touchent aussi bien le pays hôte que le reste du monde.

Après le Brésil, c’est au Maroc de prendre le relais pour l’organisation d’un évènement à l’échelle planétaire. Le choix du Maroc pourrait être considéré comme reconnaissance internationale pour la dynamique du pays dans ce sens, que ce soit au niveau institutionnel ou au niveau du positionnement que s’arrache la société civile dans les grandes questions liées aux droits humains. La tenue du FMDH au Maroc témoigne également d’une volonté grandissante des pays du Sud d’exprimer davantage leur engagement pour les valeurs des droits de l’Homme. Sur ce point, le président du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Driss El Yazami, affirme, en effet, que ces pays aspirent «à passer du rôle de consommateurs à celui de producteurs et d’acteurs fondamentaux dans le domaine des droits humains».

Etre producteur des droits humains implique, naturellement, de grandes réformes et une ouverture internationale, notamment sur les mécanismes onusiens en matière de ces droits. Bien que beaucoup reste à faire, un pays comme le Maroc s’est illustré durant la dernière décennie de par ses efforts dans ce sens. El Yazami rappelle à ce titre que le Royaume a été aux côtés de l’Argentine et de la Suisse à l’origine de la proposition de création du poste de Rapporteur spécial des Nations Unies sur la justice transitionnelle. Il a également tenu à rappeler l’expérience de la justice transitionnelle qu’a connue le Maroc à travers l’Instance équité et réconciliation (IER) qui «peut servir de modèle et fournir des expériences édifiantes pour les pays qui s’engagent dans une pareille démarche».

Aux côtés des experts et intervenants internationaux, la société civile marocaine est fortement présente lors de ce 2ème FMDH. Exception faite de quelques ONG qui ont annoncé leur boycott de l’évènement telles l’Association marocaine des droits humains et Attac Maroc (Association pour la taxation des transactions pour l’aide aux citoyens), d’autres viendront animer le débat et mettre la lumière sur des sujets qui pèsent assez lourd sur la politique du Royaume.

On en cite, à titre d’exemple, le Groupe antiraciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants (GADEM) qui présentera par la même occasion son guide pratique sur la question migratoire. En somme, ils sont plus de 600 jeunes marocains de différents horizons politiques et associatifs à accompagner et encadrer des activités du Forum de Marrakech dont on estime le nombre des pays participants à une centaine.

Cet évènement, en plus d’être un moment de vérité pour chacun des acteurs, représentera une occasion pour le Maroc de tirer profit des expériences parallèles afin de s’engager dans un nouvel élan de sa réforme civique, politique, économique, sociale, environnementale ou encore culturelle.

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