Le P.O. dans l’impasse

Les responsables israéliens ont refusé jeudi de transiger sur la « clôture de sécurité » en Cisjordanie malgré les critiques américaines, à la veille d’une rencontre du Premier ministre palestinien Mahmoud Abbas avec le président George W. Bush. Par ailleurs, un bédouin arabe israélien qui transportait dans sa voiture des travailleurs palestiniens sans permis de séjour a été tué par le tir d’un garde-frontière après qu’il eut refusé de s’arrêter à un barrage dans le sud d’Israël, selon la police. Son décès porte à 3.384 le nombre de tués depuis le début de l’Intifada (septembre 2000) dont 2.549 Palestiniens et 774 Israéliens. M. Abbas, qui effectue sa première visite aux Etats-Unis depuis sa prise de fonctions fin avril, demandera à M. Bush de convaincre Israël d’abandonner la construction de ce « mur » et de fixer un calendrier pour la libération des 6.000 détenus palestiniens, selon les responsables palestiniens. Le président américain doit recevoir mardi le Premier ministre israélien Ariel Sharon. « Si les Etats-Unis réussissent il y aura un progrès dans le processus de paix. En cas d’échec, le processus politique pourrait être détruit », a déclaré le ministre palestinien chargé des prisonniers Hicham Abdel Razzaq au lendemain de l’annonce par Israël de la prochaine libération de 350 détenus. Le chef de la diplomatie israélienne Sylvan Shalom, qui a rencontré mercredi à Washington son homologue américain Colin Powell, a rejeté d’éventuelles pressions américaines sur la question des prisonniers. « On ne peut pas nous demander plus que ce que nous pouvons donner, nous ne libérerons pas des détenus ayant du sang sur les mains », autrement dit impliqués dans des attentats anti-israéliens, a réaffirmé M. Shalom. A propos du « mur » séparant Israël de la Cisjordanie, nom donné à un ensemble comprenant une clôture, des tranchées et des chemins de patrouille dont la construction a commencé en 2002, M. Shalom a parlé d’un « malentendu avec les Américains en raison d’une méconnaissance des détails de ce projet ». M. Shalom a rappelé qu’une telle clôture existait déjà autour de la bande de Gaza et « a permis d’éviter la plupart des tentatives d’attentats ». Cette première clôture entoure la bande de Gaza, en longeant la frontière avec Israël alors que celle en construction en Cisjordanie s’enfonce en territoire palestinien et isolera des villages palestiniens.

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