Le parlement indien, cible d’une attaque armée

Atal Bihari Vajpayee, sur place pendant les faits, a estimé lors d’une allocution télévisée que l’assaut lancé jeudi contre le Parlement indien n’était pas «juste une attaque contre le Parlement, mais une mise en garde à tout le pays». Le ministre de la Défense George Fernandes s’est pour sa part déclaré en liaison avec la police du Cachemire, ce qui pourrait signifier que l’attaque a été perpétrée par des militants séparatistes musulmans de cette région. Si aucune revendication n’a été faite, l’armée indienne a cependant été mise en état d’alerte générale le long de la frontière avec le Pakistan. Craignant un regain de violence, Abdul Gani Bhat, président de l’Alliance «Hurriyat», regroupant une vingtaine de mouvements séparatistes musulmans, a d’ores et déjà «fortement» condamné l’assaut contre le Parlement. Une dizaine d’hommes armés de grenades et d’armes automatiques, ont en effet pénétré dans les bâtiments de l’Assemblée à bord de voitures semblables à celles utilisées par les membres du gouvernement, jeudi vers 11h40 (heures locales). Ils ont ensuite ouvert le feu, l’un d’entre eux se faisant sauter avec des explosifs. Six policiers et un commando de l’armée ont été tués, ainsi que cinq terroristes, à l’issue des 90 minutes de fusillade. «Tous les députés sont sains et saufs et le bâtiment n’a subi aucun dommage», a indiqué le ministre de l’intérieur Advani, malgré le fait que 300 d’entre eux se trouvaient sur les lieux. Le Premier ministre Atal, également sur place, a ensuite été transféré dans un endroit tenu secret. L’Inde n’avait pas connu d’aussi graves incidents depuis l’assassinat du Premier ministre Indira Gandhi en 1984. L’insurrection séparatiste musulmane, entamée en 1989 au Cachemire, a fait quant à elle plus de 35.000 victimes et deux guerres entre l’Inde et le Pakistan.

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