Le PJD appelle au Jihad

Le PJD appelle au Jihad

Le Parti de la Justice et du Développement (PJD) n’a pas résisté à la tentation de surfer sur la vague de la guerre israélienne au Liban. Rassemblés dimanche 23 juillet à Rabat en congrès extraordinaire pour adapter leurs statuts à la nouvelle loi sur les partis selon un communiqué du conseil national du parti, les militants islamistes  légalisés ont transformé cette réunion en grande manifestation de soutien à la milice chiite du Hezbollah.  «Nous appelons au soutien des mouvements de résistance au Liban et en Palestine pour combattre le terrorisme d’État et des crimes humanitaires commis par l’entité sioniste», a crié du haut de sa tribune le secrétaire général du PJD, Saâd Eddine Al Othmani devant une assistance enthousiaste, suspendue aux lèvres de son patron d’habitude modéré. Un patron dont elle boit les paroles comme un élixir. Ainsi va le monde lorsqu’il s’agit du Proche-Orient et de ses déchirements incessants. Ce  conflit, jamais résolu, constamment ouvert, a  toujours constitué un sujet de prédilection pour les différents partis en vue de mobiliser les foules. M. Al Othmani l’a compris qui s’est introduit dans la brèche tout en versant dans la surenchère : « Ce terrorisme d’État couvert par les Etats-Unis doit faire l’objet de poursuites judiciaires contre l’entité sioniste». Il ajoute, tout à sa fougue, que ce n’est pas normal qu’Israël «tue des civils désarmés et détruit des infrastructures en arguant vouloir libérer seulement deux soldats israéliens au Liban».
Une année nous sépare des élections législatives de 2007. Le PJD, donné favori par certains observateurs, se prépare bien à ce rendez-vous.  Haranguer les foules sur le thème de la guerre au Liban c’est pain bénit car cela peut s’avérer politiquement rentable. «Le contraire aurait été étonnant, commente un député de la majorité, le PJD puise sa force dans les discours faciles et la démagogie». Un autre renchérit dans le même sens : « l’appel de M. Al Othmani au Jihad au Liban est irresponsable à tout point de vue. C’est un appel au meurtre à un moment où nous avons besoin d’apaisement». Il ajoute, plus explicite : «ce genre de discours enflammés risque de dégénérer chez nous». Mais le PJD, visiblement, n’en a cure. Pour ne pas être pris en défaut sur le registre de la solidarité arabe, il a ajouté sa voix à celles qui ont depuis longtemps abreuvé la Palestine de belles paroles sans effet sur la réalité du terrain.

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