Le PJD se fourvoie encore

Lors de son intervention au sein de la Commission des Affaires islamiques de la Chambre des Représentants, Mohamed Yatim du Parti de la Justice et du Développement, a déclaré que le Maroc est fort par ses conseils des oulémas et ses prêcheurs, et qu’il faudrait renforcer les mosquées et le rôle social qu’elles remplissent.  Et d’ajouter que ces mosquées doivent assumer également un rôle politique, avant de reprendre en signe de précision et de précaution que la politique est entendue, à ce niveau dans le sens large du terme, c’est-à-dire dans le traitement des questions de première importance, comme c’est le cas pour le Sahara, le statut de la femme et la Justice, etc… Néanmoins, a-t-il fait remarquer, ces derniers temps, les mosquées et les oulémas font l’objet d’une campagne de dénigrement gratuite.
Le PJD, dit-il, est contre l’exploitation des mosquées à des fins politiques, mais en même temps, il est contre l’atteinte aux mosquées et aux oulémas. Et de considérer à cet effet que les propos prononcés ces derniers temps à leur encontre et les accusations dont font l’objet ses dirigeants constituent une sorte de terrorisme qu’il faut combattre. Pour sa part, au nom de l’Alliance socialiste, Nezha Skalli a annoncé qu’elle est convaincue que les événements du 16 mai 2003 ne sont que le produit des idées de haine et de mépris qui ont régné au Maroc durant ces dernières années et qui utilisaient l’Islam pour manipuler les jeunes. Pour cela, ajoute-t-elle, le ministère des Affaires islamiques se doit d’avoir une stratégie globale de lutte contre l’extrémisme religieux et de propagation des idéaux de tolérance et de modération.
Le contrôle des oulémas, précise-t-elle n’est nullement une atteinte à leur dignité, mais toujours est-il qu’il y a un fléau qu’il faut combattre et qui se caractérise par la libre circulation d’idées terroristes et incitant à la haine. Et de montrer aux participants un modèle de livres qui se vendent publiquement. Mais avant de le donner au ministre concerné, Ahmed Taoufiq, la représentante du PPS a lu certains passages qui appellent à l’assassinat de la personne qui ne fait pas ses prières, estime que la lecture du Coran dans les cimetières est illicite ainsi que la commémoration de l’anniversaire du Prophète Sidna Mohamed. Ce genre de livres, conclut-t-elle, ne voit dans la vie qu’une série de prohibitions et d’interdits et traitent de blasphèmes à l’ensemble de la société. Dans l’élan de la polémique, Fatéma Benlahssen, députée du PJD dans la circonscription de Tanger Béni-Makada, a avancé que certains partis modernistes tentent d’exploiter les attentats du 16 mai à des fins politiques. Et d’estimer à cet effet qu’il n’y a pas de différence entre le blasphème religieux et le blasphème politique.
Ce parallélisme s’explique, à son avis lorsque des partis accusent d’autres de non-adhésion au projet démocratique, comme s’il s’agissait d’une religion. N’épargnant personne, elle a estimé que les médias ont joué un rôle important dans la diffusion de principes appartenant à l’ère anti-islamique. En réponse à ces positions, Abdelkader El Benna, élu de l’USFP, a rejeté toute forme de justification du terrorisme et réitéré les positions de son parti à cet égard, notamment en ce qui concerne la destination des collectes d’argents faites au nom du soutien à la Palestine.
L’orateur a, en outre rappelé le cas d’un prêcheur qui a été soutenu par l’ancien ministre des Affaires islamiques et qui recevait mensuellement 6.000 dirhams de l’étranger, avant d’être démis de ses fonctions. Abdellah Chbabou, du PJD, n’a pas manqué d’évoquer, pour sa part la nécessité de constituer des partis religieux, comme c’est le cas en Israel. Une proposition inconstitutionnelle selon Driss Kachgar, chef du groupe parlementaire de l’USFP.  Enfin, dans ses réponses, Ahmed Taoufiq a fait part de la stratégie de son ministère et de l’imminente création d’une Direction des mosquées. Le ministre des Affaires islamiques a également fait part de plusieurs projets et mesures devront redresser la situation dans le pays.

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