Le privé s’active en Amérique latine

Une délégation de patrons de grands groupes privés marocains, qui a accompagné SM le Roi durant sa visite officielle au Brésil, a tenu un séminaire avec quelque 70 chefs d’entreprises brésiliens à Sao Paulo (capitale économique) pour explorer les possibilités de partenariat économique et commercial. Cette session de travail, animée en fin de semaine par M. Mourad Chérif, PDG de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP), s’est inscrite d’emblée dans la ligne droite de ce voyage officiel destiné à donner un coup de fouet aux échanges économiques entre les deux pays en explorant l’énorme potentiel de coopération entre les deux pays. Mais ces relations commerciales ne devraient pas se limiter au simple volet classique de « ventes-achats », selon l’expression de M. Mourad Chérif, qui a appelé les deux partenaires à voir au-delà de cet horizon pour parvenir à « des partenariats de confiance pour renflouer le potentiel de croissance commun », d’autant plus que les secteurs où ce partenariat pourra s’établir et se consolider ne manquent pas. Et M. Mourad Chérif de citer les énormes chantiers ouverts au Maroc où les Brésiliens pourraient trouver leur place, que ce soit en termes d’investissements directs ou de partenariat sous forme délocalisée : tourisme, agro-industrie, pêches, télécommunications, aéronautique et travaux publics.
Durant son exposé, l’ancien ministre du commerce et des investissements étrangers a mis l’accent sur la ferme volonté du Maroc de s’ouvrir sans complexe à l’étranger, comme en témoigne les accords de libre-échange passés avec l’Union européenne, les Etats-Unis, des pays du monde arabe. Au niveau des pays d’Amérique Latine, cette volonté s’est concrétisée également par l’accord-cadre signé à Brasilia, le 25 novembre sous la présidence de SM le Roi et du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, entre le Maroc et les pays membres du marché commun des pays d’Amérique du Sud (Mercosur). Cet accord multilatéral avec ce groupement régional, dont le Brésil assure la présidence tournante en ce moment, devrait ouvrir la voie à des négociations d’un traité de préférences tarifaires tout indiqué pour que les hommes d’affaires brésiliens en tirent profit, en premier lieu. M. Chérif a incité la communauté d’affaires brésilienne à investir dans des secteurs porteurs ou des segments de l’économie marocaine en pleine expansion, notamment le projet de port Tanger-Méditerranée, le secteur du logement qui enregistre un déficit de 2 millions d’habitation, le secteur agricole, et particulièrement les terres faisant l’objet d’un appel d’offres international pour leur location.
Ce premier échange qui a permis un échange de cartes de visite entre les chefs d’entreprises des deux pays et une meilleure connaissance des secteurs porteurs de part et d’autre a été mis à profit pour impliquer le secteur privé dans la nouvelle dynamique que la visite royale a insufflé par le biais du renforcement du cadre juridique et institutionnel de la coopération bilatérale.
Un coup d’accélérateur a été donné à la relation bilatérale grâce à la décision prise par le Souverain et le président Lula Da Silva de mettre en place une commission mixte qui doit tenir sa première session en mars 2005 au Maroc. Les investisseurs brésiliens, confortés par ce geste concret qui doit définir les projets et les secteurs de coopération prioritaires, et soucieux de diversifier leurs exportations et leurs investissements à l’étranger commencent à voir en le Maroc une plate-forme pour l’implantation d’unités de fabrication de produits destinés à l’export, aussi bien vers les pays d’Europe très proches du Maroc ou vers l’Afrique.

• Mansour Madani (MAP)

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