Le système d’El Mundo dévoilé

Quelques semaines après la défaite de la droite espagnole aux élections législatives de 2004, qui s’étaient déroulées trois jours après les attentats du 11 mars à Madrid, le quotidien El Mundo avait démarré une campagne médiatique dont l’objectif était de lier les actes terroristes au scrutin ayant donné la victoire à la gauche. En clair : ce journal, qui est viscéralement lié à la droite puisque c’est elle qui l’a créé, disait que ceux qui ont commandité les attentats avaient tout planifié dans un seul but : faire perdre les élections au Parti Populaire et son ancien leader José Maria Aznar. Ils ont ainsi accusé les services marocains d’avoir tout planifié. Mais, comme un seul acteur ne suffit pas pour monter une conspiration, les gens d’El Mundo ont inclus d’autres protagonistes auxquels ils ont attribué des rôles plus ou moins importants. Aussi, selon la théorie d’El Mundo, outre les renseignements marocains, il y aurait de tout : des membres de l’organisation terroriste basque de l’ETA, des trafiquants de drogue marocains et espagnols, des membres de certains services espagnols…et même des insinuations sur une certaine complicité indirecte de la Radio Cadena Ser qui, rappelons-le, était la première à dévoiler que le ministre de l’Intérieur de l’époque avait délibérément caché à l’opinion publique espagnole la vérité sur les auteurs des attentats puisqu’il s’obstinait à les attribuer à l’ETA. Mais pourquoi rappeler toute cette histoire ? Tout simplement, parce que l’opinion espagnole vient de découvrir comment le quotidien El Mundo avait tout manipulé et qu’aucun des éléments supposés prouver que le 11-M était une conspiration n’est vrai. Tout était faux.
C’est ce que vient de révéler le quotidien El Pais dans son édition d’hier lundi 4 juin. Dans un article publié à la Une, le quotidien madrilène révèle en citant des mis en cause dans l’affaire des attentats que des journalistes d’El Mundo avaient manipulé des témoins et même des accusés afin d’obtenir de faux témoignages qui soutiennent la théorie de la conspiration.
On découvre ainsi comment El Mundo parvient à convaincre un accusé de changer d’avocat et d’opter pour un autre aux frais du quotidien. Tout cela pour lui demander ensuite de faux témoignages. Mais, quand il refusa, son avocat, qui travaille en fait pour le journal de Pedro J. Ramirez se chargea de rédiger une lettre en son nom et qui fut publiée sous forme d’interview confirmant l’existence d’une conspiration. Et il ne s’agit-là que d’un cas parmi des dizaines que l’opinion publique espagnole vient de découvrir avec stupéfaction et indignation. C’est le début d’«El Mundo Gate», indique un observateur.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *