Les bons plans de George Bush

Les bons plans
de George Bush

Les Etats-Unis nourrissent depuis quelque temps de grands desseins pour le monde arabe. Il s’agit du projet du “Grand Moyen-Orient“ (greater Middle East) ayant pour objectif déclaré de moderniser et démocratiser la région du Maghreb au Pakistan.
Washington entend associer l’Union européenne à ce projet et en faire le sujet principal de discussion à l’occasion du futur sommet du G8 et celui de l’OTAN en juin prochain. Dans son discours sur l’état de l’union du 20 janvier 2004, le président américain a fait état des objectifs d’une politique de restructuration de cette région du monde. Pour lui, “Tant que le Proche-Orient restera en proie à la tyrannie, au désespoir, à la colère, il continuera à produire des hommes et des mouvements qui menacent la sécurité de l’Amérique et de nos amis. L’Amérique poursuit donc une stratégie de liberté au Proche-Orient. Nous allons défier les ennemis de la réforme.“
M. Bush justifie donc le projet du “Grand Moyen-Orient“ par son souci d’éradiquer le terrorisme qui menace la planète. On se souvient qu’il a mis en avant la même raison pour envahir l’Irak auquel il a promis démocratie et prospérité dans son discours précédant le déclenchement de la guerre. Or, aujourd’hui, ce pays plonge dans le chaos. Nombre de pays de la “Vieille Europe“ émettent beaucoup de réserves sur un plan ardemment défendu par l’administration Bush. Ils soupçonnent la première puissance mondiale de ne vouloir la démocratie et le progrès économique que pour mieux défendre ses intérêts pétroliers dans la région. En effet, les Etats-Unis consomment 25% de la production mondiale de l’or noir, soit une moyenne de 15 millions de barils par jour. Or, 21 des 23 pays concernés par le plan du “Grand Moyen-Orient“ disposent comme par hasard de réserves considérables d’hydrocarbures qui représentent plus de 70% des réserves mondiales. L’avenir économique des Etats-Unis ne se trouve nulle part que dans cette partie du monde.
Les principaux concernés, à savoir les régimes arabes, rejettent bien entendu un programme de réforme qui menace leur existence. Pour la plupart fondés sur la dictature et l’absence des libertés, ces pays ont longtemps mis en avant leurs spécificités culturelles pour maintenir le statu quo.
Il est vrai que la communauté arabe a besoin de sortir du sous-développement économique, social et culturel où elle est maintenue depuis plusieurs décennies. Il est vrai aussi que les dirigeants arabes sont prêts à toutes les concessions et à toutes les humiliations pour s’accrocher au pouvoir. Mais il est peu probable que les projets américains ssoientt de nature à aider à l’émergence d’un “Grand Moyen-Orient“ débarrassé des maux qui lui collent à la peau comme une malédiction. Washington doit d’abord s’investir sérieusement pour rétablir sa crédibilité aux yeux du monde entier dans la résolution du conflit du “Rrand Proche-Orient“, celui des Palestiniens spoliés de leurs terres et livrés quotidiennement, depuis un plus d’un demi-siècle, aux massacres de l’armée israélienne.

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