Les Européens veulent moins d’immigrés

Près de 60% des habitants des Quinze partagent ce point de vue et ils sont 42% dans les dix pays ayant rejoint l’union en mai 2004, selon cette étude de l’EUMC, un organisme indépendant établi par l’UE en 1997. Un nombre croissant d’Européens sont d’avis qu’"il y a une limite au nombre de personnes appartenant à d’autres races, religions et cultures qu’une société peut accepter", souligne encore l’Observatoire. Cette tendance s’explique par "la peur du futur et l’anxiété causée par la mondialisation", a expliqué la directrice de l’EUMC, Beate Winkler, en présentant le rapport à la presse. "Les comportements envers les minorités en Europe doivent être soigneusement observés et des mesures appropriées doivent être prises pour éviter les conflits potentiels", a-t-elle ajouté. "Les attaques terroristes ont un impact" sur ces comportements en Europe où vivent d’importantes minorités musulmanes, a encore estimé Mme Winkler. Mais "80% des Européens n’éprouvent aucun problème avec les minorités dans leur vie de tous les jours", a-t-elle tempéré. Selon elle, la xénophobie en Europe "est faite de contradictions" de sorte que les comportements qui en découlent "peuvent être modifiés s’il existe un bon leadership politique". Pour John Wrench, qui a dirigé les enquêteurs de l’EUMC, les Européens ont davantage de mal à jongler avec le concept d’immigration que les Américains, les Australiens ou les Canadiens.
Aux Etats-Unis, les gens évoquent des "Américains de deuxième génération", a-t-il noté. "En Europe, il est plutôt question d’immigrants de deuxième génération".
Un quart (25%) des personnes interrogées dans les Quinze ont par ailleurs dit vouloir "résister" à une société multiculturelle tandis qu’elles étaient 28% dans les dix nouveaux pays membres de l’UE. Chez les Quinze, 22% des sondés se sont dits favorables à "des mesures de rapatriement des immigrants légaux", contre 19% chez les Dix. L’étude a également montré que des personnes ayant une faible éducation ou habitant à la campagne étaient davantage susceptibles d’"avoir une attitude négative vis-à-vis des minorités". Enfin, près de 40% des personnes interrogées se sont déclarées opposées à l’octroi de droits civiques aux immigrants reçus.
L’étude de l’EUMC a été réalisée à partir d’un "Eurobaromètre" sur les comportements envers les minorités observés dans les Quinze en 1997, 2000 et 2003. En 2003, l’UEMC a inclus dans cet "Eurobaromètre" les dix pays qui devaient adhérer en mai 2004 à l’UE ainsi qu’une enquête sur "L’Europe sociale" réalisée dans les Quinze, la République tchèque, la Hongrie, la Pologne et la Slovénie. Quelque 1.000 personnes en moyenne ont été interrogées dans les 25 pays de l’UE pour l’étude de l’EUMC.

Michael Adler AFP

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *