Les milliards d’Arafat

La rumeur court, s’enfle et se développe. Elle est si insistante que pour certains elle devient vérité évidente. Le président Arafat est riche, que dit-on, riche à millions, de dollars bien sûr. Nous parlons bien de Yasser Arafat le leader palestinien.
Cette rumeur, voilà des années que l’on vit avec. Aujourd’hui, dans une manoeuvre de déstabilisation du président Arafat auprès de sa population, la presse américaine se fait l’écho d’une déclaration d’Aharon Zeevi, major général, chef des services de renseignements de l’armée israélienne.
Le général Zeevi, aurait déclaré le 13 août dernier, au comité des affaires étrangères du parlement israélien aussi bien qu’au comité de la Défense du-dit parlement que Yasser Arafat aurait secrètement amassé une fortune personnelle d’au moins 1,3 milliards de dollars américains. Le général Zeevi lors de ces auditions a déclaré baser ses informations sur des documents financiers et autres documents saisis cette année aux bureaux du président Arafat Ramallah et dans d’autres bureaux de l’autorité palestinienne en Cisjordanie. Peu de détails ont été donnés sur la nature de cette fortune, des comptes numérotés un peu partout dans le monde y compris aux Etats-Unis, des sociétés holdings, bref toute la panoplie du milliardaire international. Bien entendu, cette fortune est le résultat de détournements des contributions des pays donateurs et de l’appropriation arbitraire des aides de l’Union européenne et des pays arabes.
Il est grave que la presse internationale devienne complice d’une manipulation visant à affaiblir de plus en plus le leader palestinien aux yeux de son peuple. Il est grave qu’une presse d’information reprenne des déclarations sans les accompagner des réserves d’usage. Car, si des documents prouvant la réalité des déclarations du général israélien existent, pourquoi ne les publie-t-on pas. Pourquoi ne donne-t-on pas à la télévision, à la presse, aux journalistes financiers, aux grands reporters les évidences d’une si grande turpitude. Non on a toujours sciemment fait l’amalgame entre les avoirs de l’OLP, de l’Autorité nationale palestinienne et la personne d’Arafat. Cette manoeuvre a été facilitée par la politique centralisatrice et personnelle du président Arafat en matière financière. C’est vrai aussi que Yasser Arafat, comme tous les chefs d’état, s’ingénie à alimenter une caisse noire nécessaire au fonctionnement du pouvoir. Mais rien de tous cela n’est personnel. On ne connaît au rien aucun ranch aux Etats-Unis ou ailleurs, on ne lui connaît aucune propriété sur la Côte d’Azur ou autres lieux du jet-ski, on ne lui connaît aucun yacht dans aucun port de la planète, sa garde robe est célèbre par sa simplicité et uniformité. Sa sobriété est légendaire et la seule maîtresse qu’on lui connaît est la cause palestinienne. La fortune du président Arafat, c’est son engagement irrévocable à construire l’Etat palestinienne, un Etat démocratique et laïc, dans des frontières internationalement reconnues, en paix avec ses voisins, et qui pourrait dans un avenir, le plus proche possible, développer une coopération pacifique et fructueuse avec les cousins d’en face, le puissant Etat d’Israel. Le jour arrivera ou les Israeliens et les Palestiniens s’assiéront autour d’une table, négocieront et parviendront aux compromis nécessaires. Alors ce jour là, la paix aura besoin d’un leader palestinien capable de faire admettre au peuple les compromis sûrement douleureux qu’imposera la paix. Alors ce jours là on découvrira que seul Yasser Arafat est capable de cette marche vers la paix et l’adhésion du peuple aux compromis.
Attention, un peu de décence, la manipulation comme la calomnie laisse toujours des traces.

• Gabriel Banon
Correspondance privée

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