Les nutritionnistes donnent un carton rouge aux parraineurs du Mondial

Les nutritionnistes donnent un carton rouge aux parraineurs du Mondial

Les superstars du Mondial, aux mollets saillants et aux abdominaux en béton, sont la preuve vivante des bienfaits du sport pour le corps humain. Mais ce message positif est brouillé par le choix des parraineurs officiels de la compétition, regrettent les nutritionnistes. Coca-Cola, Budweiser ou encore McDonald’s ont dépensé des fortunes pour pouvoir déployer des publicités géantes sur tous les sites de la Coupe du monde. Au grand dam des experts en santé publique qui déplorent la haute teneur en sucre et en graisse de leurs produits. Un téléspectateur absorbera ainsi l’équivalent de 1.913 calories s’il boit quatre canettes de bière, mange trois parts de pizza et un demi-sachet de chips en regardant un match, a calculé le magazine britannique Men’s Health. Or, en Afrique du Sud, 29% des hommes et 56% des femmes sont déjà en surpoids, selon un rapport récent de la Heart Foundation, une association spécialisée dans la lutte contre les maladies cardio-vasculaires. Et les plus jeunes ne sont pas épargnés: 17% des enfants âgés de un à neuf ans ont des kilos en trop. Quant aux policiers, leur ministre vient de les obliger à faire du fitness pour faire fondre leurs bourrelets… Dans ce contexte, la grand-messe du football aurait pu «être l’occasion parfaite pour vanter les mérites d’une alimentation saine», estime Thami Bolani, président du Forum national des consommateurs. «Mais sur ce coup-là, on a raté le train.» Le Fonds mondial pour la recherche sur le cancer, selon lequel un excès de poids augmente le risque de développer six types de cancer différents, accuse la Fifa d’avoir «mal choisi ses parraineurs» et espère qu’elle corrigera le tir pour la prochaine édition. «Ce serait un stimulant pour les programmes de santé publique du monde entier, si la Fifa pouvait annoncer qu’elle ne choisira plus de parraineurs qui vendent des produits malsains», déclare sa directrice Teresa Nightingale.
La Fédération internationale de football (Fifa) n’a pas souhaité commenter. Les parraineurs, qui tablent sur la paresse des cuisiniers pendant le Mondial pour faire bondir leur chiffre d’affaires, se défendent pour leur part d’être insensibles aux impératifs de santé publique. «La nourriture proposée par McDonald’s est la même que celle que les gens peuvent acheter au supermarché: nous avons de la salade, des fruits, du poulet et du boeuf», déclare ainsi Don Thompson, le président du groupe. «Nous avons une grande variété de plats.» Coca-Cola soutient pour sa part les messages selon lesquels «la clé d’un mode de vie sain est une alimentation équilibrée et une activité physique régulière», assure un de ses porte-parole. Pour la diététicienne Theresa Marias, qui exerce à Johannesburg, le problème tient surtout dans l’ignorance de la population sur les méfaits de la restauration rapide. «Les gens devraient être mieux informés sur les conséquences de leurs choix», dit-elle, en espérant que le Mondial serve au moins à prendre conscience de l’urgence du problème.

  Tabelo Timse (AFP)

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