Les syndicats «indépendants» jouent les trouble-fête

Les syndicats «indépendants» jouent les trouble-fête

Malgré le dialogue social en cours, la santé et l’enseignement supérieur menacés de paralysie

Le SNEsup-Maroc réclame la hausse des salaires des enseignants-chercheurs en rejetant aussi le travail de l’Agence nationale d’évaluation et d’assurance qualité de l’enseigne-ment supérieur et de la recherche scientifique.

Le dialogue social en cours entre le gouvernement et les centrales syndicales les plus représentatives ne réussit pas à mettre un terme aux tensions dans certains secteurs vitaux. Il s’agit notamment de la santé et de l’enseignement supérieur. Il faut dire cependant que la confrontation dans ces secteurs a lieu entre le gouvernement d’un côté et des syndicats sectoriels revendiquant le statut d’indépendants. C’est le cas notamment pour l’enseignement supérieur. En effet, le Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNEsup-Maroc) avait appelé à une grève nationale, les mercredi et jeudi prochains, pour protester.

Le syndicat réclame, notamment, la hausse des salaires des enseignants-chercheurs en rejetant aussi le travail de l’Agence nationale d’évaluation et d’assurance qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (ANEAQ). Un autre syndicat dans ce domaine vient également d’inaugurer une nouvelle phase de confrontation avec la tutelle. Dans ce sens, le Syndicat national de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique vient d’annoncer l’organisation jeudi prochain d’un sit-in devant le ministère de l’enseignement supérieur à Rabat. Une session exceptionnelle du conseil national du syndicat est également annoncée pour le 31 mars prochain avec comme objectif de mettre en place un plan de protestation. En plus d’une hausse des salaires pour les enseignants-chercheurs, le syndicat en question revendique l’amendement de la loi cadre sur l’enseignement concernant l’institution de droits d’inscription.

Pour les syndicalistes, «la gratuité de l’enseignement doit demeurer intacte». Dans le secteur de la santé, un autre syndicat sectoriel donne du fil à retordre à la tutelle depuis des mois. En effet, le syndicat indépendant des médecins du secteur public a déjà organisé plusieurs grèves. la dernière en date remonte au 8 mars dernier. Les syndicalistes avaient annoncé que le taux de suivi de l’appel à la grève dans les différentes établissements hospitaliers à travers le Royaume a «atteint les 80%». D’autres mouvements de débrayage dans le secteur de la santé sont également annoncés par le syndicat en question, notamment le 20 mars et les 4 et 26 avril. Les médecins du secteur public demandent notamment l’application de l’accord du 21 décembre 2015.

Ce dernier prévoit en l’occurrence l’augmentation des salaires et des indemnités, ainsi que l’équivalence du doctorat en médecine avec le doctorat d’Etat des autres filières. Cette mesure leur permettrait d’avoir des salaires selon l’indice 509, au lieu de l’indice 336 (salaire équivalent au niveau du master). Les grévistes demandent, en outre, l’amélioration des conditions de travail jugées «difficiles» dans le secteur de la santé public. «Le manque en équipement ainsi que la pénurie de médecins dans les hôpitaux et les CHU» sont également dénoncés. Pour le moment, les négociations menées entre la tutelle et ces syndicats sectoriels n’ont pas permis de désamorcer la crise. Quant au dialogue social mené par le chef de gouvernement, les commissions créées discutent actuellement de la méthodologie des négociations entre les partenaires sociaux en vue de conclure un accord triennal.

Dialogue social : Un accord triennal «inchaalah»

Le chef de gouvernement Saâd Eddine El Othmani a relancé le dialogue social en recevant au début de ce mois de mars les syndicats les plus représentatifs. Le numéro un de l’Exécutif a notamment proposé aux partenaires sociaux d’ouvrir un dialogue tripartite en vue de parvenir à un accord étalé sur trois ans.

El Othmani avait, en effet, reçu séparément les syndicats les plus représentatifs, à savoir l’Union marocaine du travail (UMT), la Confédération démocratique du travail (CDT), l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) et l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM). À l’issue de ces réunions, un communiqué a annoncé la création de trois commissions thématiques. Celles-ci concernent respectivement «l’amélioration des revenus», «le secteur privé» pour examiner les législations du travail et les libertés syndicales et «le secteur public» pour examiner les questions liées à l’administration publique. Les négociations doivent déboucher sur un accord avant le 1er mai prochain.

Syndicats sectoriels-gouvernement : Une confrontation qui dure

La confrontation entre l’Exécutif et les syndicats sectoriels, notamment dans la santé publique et l’enseignement supérieur, ne date pas d’aujourd’hui. C’est le cas notamment pour le Syndicat national de l’enseignement supérieur qui a poussé l’ancien ministre de l’enseignement supérieur à revenir sur un chantier de la création d’écoles polytechniques. Lahcen Daoudi, alors ministre de tutelle, avait proposé de fusionner les Ecoles nationales des sciences appliquées (ENSA) avec les Ecoles supérieures de technologies (EST qui livrent un diplôme DUT Bac+2) et les Facultés des sciences et techniques (FST) pour créer des écoles polytechniques.
Mais le ministre avait dû faire face à une opposition farouche de la part des étudiants mais également du Syndicat de l’enseignement supérieur.
La pression exercée avait fini par porter ses fruits puisque la réforme a été abandonné même si les décrets avaient déjà été adoptés.

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