Liban : Les manifestations se poursuivent

Il y a un mois que le Premier ministre libanais Rafic Hariri a été assassiné, et il y a aussi un mois que les manifestations publiques, dirigées par l’opposition ou par le parti de Hezbollah, durent. Après un mois de crise politique intérieure et de tensions dans les relations syro-libanaises, la situation dans le pays ne fait que s’aggraver. À l’appel de l’opposition, plusieurs centaines de milliers de Libanais ont manifesté, hier lundi, dans le centre de Beyrouth pour exiger un retrait total des troupes syriennes, la démission des responsables des services de sécurité et la vérité sur l’assassinat de l’ex-Premier ministre libanais Rafic Hariri.
Nombre d’entre eux dénonçaient, également, la désignation le 10 mars du Premier ministre pro-syrien Omar Karamé à la tête du gouvernement de Beyrouth, qui avait été contraint de démissionner le 28 février sous la pression de la rue et le soulèvement du peuple libanais.
Selon un responsable de la municipalité, Mounib Nassreddine, en déclaration à l’AFP, le nombre des manifestants a atteint 800.000, un chiffre qui n’englobe pas les manifestants qui ont continué d’affluer vers la Place des Martyrs et les rues voisines de toutes les régions du pays. Notamment en provenance de la plaine de Békaa, frontalière avec la Syrie où sont repliés les soldats syriens. La manifestation du lundi a dépassé en ampleur celle qui avait rassemblée la semaine dernière quelque 500.000 personnes dans la capitale libanaise à l’appel du Hezbollah pro-syrien. Les sympathisants du Hezbolah scandaient "Les Etats-Unis dehors!", dimanche à Nabatiyeh.
Ce rassemblement, comme celui de Beyrouth, se voulait une réponse aux multiples manifestations de ces dernières semaines au Liban contre l’occupation syrienne.
Le rassemblement du lundi dernier, a été "au moins deux fois et demie plus important" que celui organisé mardi dernier par les alliés de Damas sur la place Riad Solh, au centre-ville, a-t-il affirmé.
Associations, banques, bureaux, commerces, écoles et universités ont fermé leurs portes dès midi pour se joindre à la manifestation.
En revanche, les manifestations proclamées par l’opposition ont survenu une journée après la visite de l’émissaire de l’ONU, Terje Roed-Larsen à Beyrouth.
En effet, après ses entretiens avec le président Libanais Emile Lahoud, l’envoyé spécial de l’Onu, mettant l’accent sur "l’accord" des deux parties "pour travailler étroitement ensemble", a estimé "possible de trouver une solution à cette situation difficile" aux agences de presse.
En effet, l’Etat libanais a assuré, dimanche dernier, l’envoyé spécial de l’Onu de sa coopération dans la mise en oeuvre de la résolution 1559 stipulant le retrait total syrien.
Toutefois, il a indiqué, dans un communiqué publié à l’issue de son entrevue avec l’émissaire, que la "date d’un retrait total des troupes syriennes du Liban sera fixée par les gouvernements et les commandements militaires syrien et libanais", sans autre précision.
Auparavant, Roed-Larsen avait annoncé la décision de Damas de retirer toutes ses troupes et ses services du renseignement du Liban, conformément à un calendrier à établir prochainement, à l’issue d’une rencontre avec le président syrien Bachar al-Assad à Alep. Bien que la Syrie ait commencé le redéploiement de ses forces du Liban, le mystère sur les auteurs de l’assassinat de Hariri, la constitution d’un nouveau gouvernement et les affrontements politiques entre l’opposition et le Hezbollah, divisent le pays et menacent de le conduire vers une prochaine guerre civile.

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