Liberia : élections dans le calme

Les observateurs électoraux et la Mission des Nations unies au Liberia (Minul) ont salué le bon déroulement des élections présidentielle et législative organisées mardi dans un pays meurtri par 14 années de guerre civile.
"Les Libériens ont voté pour la paix aujourd’hui", a déclaré le représentant du secrétaire général des Nations unies au Liberia, Alan Doss, lors d’une conférence de presse tenue dans les locaux de la Commission électorale indépendante (NEC), quelques heures après la tenue du scrutin.
"Dans tous les bureaux de vote dans lesquels je me suis rendu, j’ai été frappé par la patience, la détermination et la fraternité affichées par les Libériens au moment où ils exerçaient leur droit et leur responsabilité les plus précieux", a-t-il souligné.
Quelque 1,35 millions d’électeurs devaient élire mardi leurs députés, sénateurs et un président parmi 22 candidats, dont l’ex-vedette internationale du football George Weah et l’ancienne économiste Ellen Johnson Sirleaf, considérés comme les deux favoris du second tour prévu le 8 novembre.
Les élections doivent mettre fin à des institutions de transition issues d’un accord de paix signé en août 2003 par les trois factions belligérantes, qui a mis fin à la guerre civile, après le départ en exil au Nigeria du président déchu Charles Taylor.  "Comme vous pouvez le voir, les Libériens votent aujourd’hui sans crainte. Personne ne pense plus à la guerre", a déclaré George Weah avant de voter dans un bureau près de son domicile, dans le quartier très peuplé de Paynesville.
Quelque 3.000 bureaux de vote avaient ouvert à l’heure prévue, mardi matin, à 8h00 (locales et GMT), même si des problèmes logistiques ont retardé l’ouverture de quelques dizaines d’entre eux autour de Monrovia, selon Frances Johnson Morris. Ces bureaux resteront ouverts pour les personnes s’étant présentées avant 18h00, a-t-elle promis.  Les observateurs ont toutefois relevé certains dysfonctionnements dans plusieurs régions du pays, essentiellement des retards ayant conduit certains électeurs à patienter jusqu’à 12 heures avant de pouvoir voter, a annoncé l’un d’eux. Des hélicoptères survolaient Monrovia et des Casques bleus de la Mission de l’Onu au Liberia (Minul) se trouvaient aux côtés de policiers pour surveiller le scrutin.
Quelques tentatives de perturbations ont été constatées, notamment à Paynesville (banlieue de Monrovia), mais celles-ci ont été rapidement dispersées par les forces de la Minul, selon le porte-parole de la force, Paul Risley.
L’ancien footballeur Weah, aujourd’hui âgé de 39 ans, était, selon les sondages, en tête des candidats parmi lesquels d’anciens chefs de guerre, des hommes d’affaires et des juristes fortunés.
M.Weah avait enthousiasmé l’électorat, essentiellement jeune, de 1,35 million de personnes, mais sera sans doute contraint à un second tour en raison de la multiplicité des candidats. Sa principale rivale, l’ancienne économiste de l’Onu et de la Banque Mondiale Ellen Johnson Sirleaf, compte, elle, sur l’appui des femmes, qui constituent près de la moitié du corps électoral. Des chefs de guerre étaient également candidats aux législatives, représentant soit le parti de l’ancien président Charles Taylor, soit une coalition dirigée par Varney Sherman, candidat proche du président de transition Gyude Bryant. Adolphous Dolo, qui servait sous Taylor sous le pseudonyme de "Général Peanut Butter" ("Général beurre de cacahouète"), se présente au Sénat dans le comté de Nimba (nord).

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