Libye : La fourniture d’armes aux rebelles divise la coalition

Libye : La fourniture d’armes aux rebelles divise la coalition

Les puissances impliquées dans la crise libyenne ont affiché leurs divergences sur l’option d’armer les opposants au colonel Mouammar Kadhafi, lors d’une réunion mercredi au Qatar du Groupe de contact sur la Libye. Quatre semaines après le début de frappes aériennes internationales, cette controverse illustre l’embarras de pays, comme la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, et d’organisations comme l’Otan et l’ONU, face à un conflit qui s’enlise. Le colonel Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans, fait en effet preuve d’une résistance à laquelle une turbulente carrière l’a bien préparé. Et la rébellion, mal commandée et mal organisée, se montre incapable sans aide de gagner du terrain. A peine entamée, la polémique devrait se prolonger dans les réunions internationales qui se penchent comme, jeudi, la Ligue arabe au Caire et l’Otan à Berlin-, sur les moyens de se débarrasser du dirigeant libyen.  Mercredi à Doha, le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a estimé que fournir des armes de défense aux rebelles était une extension logique des résolutions de l’ONU qui prévoient la protection des populations civiles libyennes. «Kadhafi change de tactiques», a-t-il assuré devant la presse, «il cache ses tanks dans les rues pour que les frappes de l’Otan ne puissent pas les détruire». «Soit nous donnons à ces gens la possibilité de se défendre, soit nous nous libérons de l’obligation de soutenir la défense des populations en Libye», a-t-il ajouté. Pour le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, qui s’exprimait lui aussi après la rencontre de Doha, il est exclu de fournir des armes aux rebelles libyens.  Selon lui, le Groupe de contact imaginé à l’origine comme un organe de pilotage politique mais qui se retrouve aux prises avec un conflit qui dure- a décidé d’aider financièrement les rebelles, et de les soutenir matériellement. Il est envisagé de «les aider à se financer, à se renforcer, mais il n’a pas été question de livraisons d’armes», a-t-il assuré. Le Premier ministre du Qatar, cheikh Hamad Ben Jassem Ben Jabr Al-Thani, dont le pays est très en pointe dans la crise libyenne, a reconnu l’existence de divergences au sein du Groupe de contact, mais a affiché la détermination du petit émirat pétrolier à trancher en faveur des rebelles. «Les participants réunis ici ont différentes interprétations, mais ils est clair que la résolution de l’ONU parle de tout ce dont les Libyens ont besoin. Et la première chose dont ils ont besoin s’est d’être capable de se défendre», a-t-il assuré devant la presse. «Cela veut dire des médicaments et de la nourriture, mais la capacité de se défendre inclue des armes avec lesquelles ils peuvent repousser une attaque», a-t-il précisé. Cette déclaration de cheikh Hamad est intervenue peu avant que le régime du colonel Kadhafi n’accuse le Qatar d’avoir déjà fourni aux rebelles des missiles antichars de type Milan, de fabrication française. Et d’avoir envoyé des conseillers à Benghazi, fief de l’opposition dans l’est du pays. La réticence de responsables occidentaux et surtout américains à armer des rebelles s’explique par les mauvais souvenirs que ce genre d’aventures réveille. Dans les années 1980, les services occidentaux, en particulier la CIA, ont armé les résistants antisoviétiques afghans leur fournissant notamment des missiles sol-air portables Stinger. Cet arsenal s’est retrouvé par la suite entre les mains des talibans, que combattent aujourd’hui en Afghanistan les Etats-Unis et l’Otan.

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