Libye : nouveau procès pour les accusés

La Cour suprême libyenne a redonné espoir à cinq infirmières bulgares et un médecin palestinien, condamnés à mort après avoir été accusés d’avoir inoculé le virus du sida à des enfants libyens, en ordonnant dimanche 25 décembre un nouveau procès dans cette affaire.  La plus haute juridiction libyenne qui a siégé pendant une heure "a accepté le recours des infirmières bulgares et ordonné qu’un nouveau procès se tienne devant la Cour pénale de Benghazi" (nord), a annoncé son président, Ali al-Alous, annulant la condamnation à mort qui pèse depuis 2004 sur les six accusés. Le dossier devra être de nouveau examiné, à une date qui n’a pas encore été précisée, à Benghazi (1000 km au nord de Tripoli), là où cette affaire a commencé le 16 février 1999. C’est aussi devant un tribunal de cette ville que les infirmières et le médecin avaient été condamnés à mort le 6 mai 2004 après avoir été accusés d’avoir inoculé le sida à 426 enfants libyens, dont 51 sont morts. Ils ont aussi été condamnés à verser près d’un million de dollars pour indemniser les familles des victimes. Emprisonnés depuis près de sept ans, les six accusés clament leur innocence et ont obtenu le soutien de l’Union européenne et des Etats-Unis. "Nous sommes fiers de notre justice", a commenté l’avocat libyen des accusés, Othmane al-Bizanti qui s’est félicité que la Cour libyenne ait reconnu des "violations de procédures" et que la défense ait reçu le soutien du parquet pour annuler la peine de mort contre les six accusés.
En revanche, l’avocat des familles de victimes libyennes, Abdallah al-Moghrabi, a exprimé sa "déception". "Cela fait sept ans que les familles attendent que justice soit faite. Mais, nous n’avons toujours rien obtenu et la décision d’aujourd’hui a été faite aux dépens des familles qui continuent à souffrir", a-t-il dit.  Peu après l’annonce de la décision de la Cour, les familles ont manifesté leur hostilité devant le tribunal. "C’est de l’injustice, c’est de l’injustice", ont crié les manifestants contenus par un strict service d’ordre. A Sofia, les autorités bulgares ont estimé que la tenue d’un nouveau procès, donnait "de nouvelles chances" d’obtenir leur libération. "Cette décision donne de nouvelles chances d’obtenir ce que tous les Bulgares désirent", la libération des infirmières, a déclaré le porte-parole du ministère bulgare des Affaires étrangères Dimitar Tsantchev soulignant que la Cour libyenne a "reconnu des violations de procédures". Cette affaire a pris un nouveau tournant vendredi avec l’annonce d’un accord entre Tripoli et Sofia pour la création d’un fonds de compensation international au bénéfice des enfants libyens atteints du sida et des familles des enfants morts de cette maladie, en partenariat avec l’Union européenne, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Selon Sofia, le fonds dont le montant n’a pas été précisé, doit permettre d’"assurer des soins médicaux permanents pour les patients contaminés par le virus du sida, contribuer à la mise aux normes internationales de l’hôpital de Benghazi et fournir une aide financière aux familles des enfants malades et décédés".
L’accord pour sa création a été conclu après des négociations menées les 12 et 18 décembre à Tripoli entre l’Association pour la promotion des relations d’amitié entre la Libye et la Bulgarie et l’Association de défense des enfants libyens victimes du sida de l’hôpital de Benghazi, selon le ministère bulgare des Affaires étrangères.

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