Libye : Violente contre-offensive des forces pro-Kadhafi contre l’insurrection

Libye : Violente contre-offensive des forces pro-Kadhafi contre l’insurrection

Les forces du colonel Kadhafi menaient dimanche une violente contre-offensive contre l’insurrection libyenne, bombardant une colonne d’insurgés qui progressait le long de la côte méditerranéenne vers Syrte (est), bastion du régime, et la ville de Misurata, dans l’ouest. Les insurgés avancent vers l’ouest, et plus précisément en direction de la capitale Tripoli, qui reste aux mains des forces gouvernementales. Les rebelles ont gagné du terrain au cours des derniers jours, en prenant le contrôle de deux importants ports pétroliers, Brega et Ras Lanouf (620 km à l’est de Tripoli). Mais les forces pro-Kadhafi menaient dimanche une violente contre-offensive, avec d’intenses combats au sol et l’appui de bombardements aériens. Cela leur a permis de reprendre aux insurgés le contrôle de Ben Jawad, à 160 km à l’est de Syrte, ont constaté sur place des reporters d’Associated Press. Lorsqu’ils ont essuyé ce revers, les insurgés avançaient vers Syrte, qui pourrait être un terrain de bataille décisif. (…) Samedi, l’insurrection a essuyé des attaques des pro-Kadhafi à Zaouïa, à une cinquantaine de kilomètres seulement à l’ouest de Tripoli. Selon des témoins, les insurgés -des volontaires souvent formés à la hâte et des militaires passés dans l’opposition- ont lancé une contre-offensive qui leur a permis de regagner le terrain perdu face aux forces du régime. Le gouvernement libyen a de son côté affirmé, samedi, soir que «99%» de Zaouïa avait été repris à la rébellion. D’après divers témoignages, dont de membres de l’insurrection, les combats ont été féroces. «Il y a tellement de gens qui ont été tués. Il y a tellement de blessés. Il y a beaucoup de chars qui sont entrés dans la ville», a expliqué un insurgé, sans pouvoir fournir de bilan précis. Dans la capitale Tripoli, toujours sous étroit contrôle du régime qui a organisé dimanche une manifestation pro-Kadhafi sur la Place Verte, les habitants ont été réveillés avant l’aube par des tirs nourris d’armes, qui ont duré au moins deux heures. Selon les autorités libyennes, il s’agissait de tirs pour fêter la reprise par les forces loyalistes des villes de Ras Lanouf et de Misrata, près de Tripoli. En dépit de ces affirmations, des journalistes d’Associated Press ont constaté que Ras Lanouf était toujours, dimanche matin, sous le contrôle de l’opposition. Le soulèvement contre le régime de Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 1969, a commencé le 15 février dernier avec les premières manifestations à Benghazi (est), dans la foulée des révoltes populaires en Tunisie et en Égypte. La violente répression menée par le pouvoir libyen, a suscité des condamnations internationales et l’adoption de sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU. L’Administration américaine, qui a réclamé le départ de Mouammar Kadhafi, étudie actuellement plusieurs options, dont la mise en place d’une zone de «non-survol» au-dessus du pays.
En déplacement au Caire, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a déclaré dimanche que la France et l’Europe ne pouvaient pas tolérer la «folie criminelle» du régime Kadhafi. Lors d’un entretien vendredi avec un responsable de l’opposition libyenne, Abdel Fatah Younès, du Conseil national libyen, M. Juppé avait réaffirmé que la France demandait le départ du colonel Mouammar Kadhafi sans prendre aucun engagement concret immédiat pour une zone d’exclusion aérienne.

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