L’Irak dans l’ambiance électorale

La Constitution irakienne adoptée, les partis et hommes politiques se préparent aux prochaines élections générales du 15 décembre pour lesquelles ils doivent s’enregistrer le 28 octobre au plus tard. L’adoption de la Constitution à 78% des voix lors du référendum du 15 octobre, annoncée mardi par la Commission électorale indépendante, a été saluée par les responsables gouvernementaux, le Premier ministre, Ibrahim Jaafari, en tête, qui a parlé de "journée historique" pour le pays, tout comme Washington.
L’annonce du résultat, dix jours après la tenue du référendum, a coïncidé avec celle du 2.000ème soldat américain en Irak, qui a relancé le débat aux Etats-Unis sur la légitimité de la guerre.
Les manœuvres ont commencé avant même l’annonce du résultat du référendum, chaque groupe cherchant à se positionner pour les prochaines élections générales. La Commission électorale a fixé au 28 octobre le dernier délai pour l’enregistrement aux prochaines élections. Et la question qui se pose est de savoir si les blocs politiques nés des élections du 30 janvier vont se maintenir ou éclater. Il s’agit grosso modo de l’Alliance chiite et de la coalition kurde. Trois formations sunnites ont déjà annoncé, mercredi à Bagdad, la formation d’une liste commune pour se présenter aux élections législatives prévues le 15 décembre.
"Les chefs du Parti islamique, de la Conférence du peuple d’Irak et du Conseil du dialogue national, sont convenus de participer aux prochaines élections sous une liste commune, nommée le Front irakien de la concorde", indiquent-ils dans un communiqué. Le Front va déposer jeudi la liste de ses candidats auprès de la Commission électorale indépendante qui avait fixé au 28 octobre la date limite du dépôt des candidatures. Le Parti islamique, émanation des Frères musulmans et principale formation sunnite, avait appelé à voter en faveur de la Constitution. Les deux autres groupes avaient prôné un rejet du texte. Le communiqué précise que la "porte reste ouverte à d’autres entités politiques pour rejoindre cette liste". Le programme électoral de ce bloc sunnite sera dévoilé dans les prochains jours, indique le texte. Ces formations soulignent que leur objectif est "la libération et la reconstruction du pays ainsi que l’unité de son peuple". Elles assurent qu’"elles oeuvreront au service de tous les Irakiens, quelle que soit leur appartenance religieuse ou ethnique". "Des tractations sont en cours pour le maintien de l’Alliance chiite", a déclaré pour sa part à l’AFP, Ammar Hakim, dirigeant du Conseil suprême de la révolution islamique (CSRII), pilier, avec le parti Dawa de M. Jaafari, de ce bloc.
Selon lui, il est question de maintenir ou d’élargir le pôle religieux face à l’éventuelle émergence d’un bloc laïc autour de l’ancien Premier ministre Iyad Allaoui. Ce dernier a réuni le 17 octobre à Bagdad des dizaines d’hommes politiques de tous bords en vue de l’émergence d’un pôle qu’il conduirait lors des prochaines élections. Mais aucune annonce formelle n’a été faite sur la naissance d’une nouvelle alliance autour du groupe de M. Allaoui, le Mouvement de l’Entente nationale.
Sa liste irakienne n’a réussi en janvier qu’à ravir quarante sièges sur les 275 du Parlement et M. Allaoui ne s’est pas privé depuis la formation du gouvernement Jaafari d’en écorcher l’action. Chez les Kurdes, la troisième force politique l’Union islamique du Kurdistan, mouvement qui faisait partie de l’alliance kurde formée de 77 députés, a annoncé son intention d’affronter seule les prochaines élections après s’être alliée en janvier aux deux puissants partis du nord de l’Irak. Les autres membres de l’alliance sont le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) de Massoud Barzani, président de la région autonome du nord, et l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) du chef de l’Etat Jalal Talabani. 

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