Lutte contre la corruption : La société civile veut entrer dans l’arène

Lutte contre la corruption : La société civile veut entrer dans l’arène

Transparency Maroc a solennellement fait part de sa conviction que le dispositif marocain de lutte contre la corruption est perfectible et qu’elle compte présenter les mesures susceptibles d’en améliorer le rendu. Cette déclaration a été faite, jeudi à Rabat, par le secrétaire général de l’association au cours d’une conférence de presse donnée «à la veille de la tenue de la 4ème session de la Convention des Nations Unies contre la corruption (CNUCC) qui sera organisée du 24 au 28 octobre à Marrakech». Rachid Filali, qui s’exprimait dans le cadre d’une clarification des positions de l’association vis-à-vis de la politique institutionnelle de la lutte contre ce qu’il a appelé «le fléau endémique», a énuméré un certain nombre de désaccords qui opposent son organisation aux tenants du processus mis en application. En réponse à des questions d’ALM, il a estimé que le travail de l’ICPC est biaisé à la base et que ses efforts, aussi grands soient-ils, resteront toujours en deçà des problèmes qui les auront suscités. Selon les textes, a-t-il rappelé, l’ICPC a compétence pour prévenir la corruption et non pas la guérir. Il a, en outre, estimé que la composition de l’Instance n’est pas celle qui la prédestine à une action incisive en matière d’assainissement de la gestion publique. Il a en particulier fait grief à l’Instance de préférer travailler en solitaire et de ne pas faire appel à la participation des associations de la société civile, dont pourtant les organisations internationales font un critère de crédibilité et d’efficience. L’ICPC est morte, a-t-il dit, et l’instance prévue par la Constitution de juillet n’est pas encore née. M. Filali, qui a placé la conférence de presse de Transparency Maroc dans le cadre de la préparation de sa participation à la 4ème session de la CNUCC, a déclaré qu’elle y fera exposer de ses vues sur la protection des témoins et des donneurs d’alerte ainsi que sur le droit d’accès à l’information, deux pièces essentielles du dispositif de lutte contre la corruption. Interrogé par le correspondant d’ALM sur l’utilité d’organiser une rencontre sur le droit d’accès à l’information au moment où le Parlement est saisi de cette question, le secrétaire général de Transparency Maroc a répondu que la proposition de loi déposée par l’un des partis ne lui semble pas le texte le plus à même de répondre aux attentes dans le domaine. La lutte contre la corruption n’est pas le souhait d’une minorité, c’est la volonté de tout un peuple, et c’est même de plus en plus un critère de sélection universel à la zone de bonne gouvernance. «C’est pourquoi nous participons aux manifestations organisées en marge de la conférence des Etats prévue à Marrakech». Il a laissé entendre que TM organise dans cette perspective deux ateliers sur des sujets essentiels à la stratégie de lutte contre la corruption. Il a précisé que le premier, qui concerne la protection des témoins et des donneurs d’alerte, part du principe que les garanties offertes jusqu’ici sont insuffisantes. En fait, a-t-il estimé, elles sont si insuffisantes que le Parlement lui-même en a eu conscience et a décidé d’amender lourdement le texte initial. Mais en dépit de cette refonte, elles restent insuffisantes, a-t-il ajouté. Le deuxième atelier tourne autour de la nature de l’instance chargée de la lutte. Il s’agit donc, a-t-il dit, de proposer une composition et des compétences plus pertinentes que ce qui a été fait jusqu’ici. Il a laissé entendre qu’une des voies possibles sur ce plan consiste à s’adjoindre des compétences en provenance de la société civile et à étendre les compétences de l’Instance en amont du crime de corruption. Le secrétaire général de TM a également déclaré que l’association compte aussi exercer son lobbying pour que soit présenté le rapport sur la corruption que le Maroc s’est engagé à produire lors de la 3ème session de la CNUCC et pour que soit adopté le texte sur le rapatriement des avoirs spoliés. La journée organisée par Transparency Maroc a été en outre marquée par un certain nombre de présentations. Parmi elles, celle de l’Unesco sur le droit d’accès à l’information publique au Maroc.

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