Madrid joue la carte de la coopération

Les déclarations du secrétaire d’Etat espagnol pour les Affaires de l’immigration, Ignacio Gonzalez, sur la coopération maroco-espagnole ont été l’objet de débats dans les milieux politiques espagnols. Le responsable espagnol avait déclaré, lundi, à la chaîne de télévision privée Antenna 3 que « le Maroc pourrait perdre cette année 70 % de l’aide, entrant dans le cadre de la coopération, qu’il reçoit de l’Espagne, car il n’a pas encore donné son accord pour que les différents projets soient mis en application ». « Sur un budget total de 12 millions d’euros prévu pour l’année en cours, nous n’avons réalisé, à ce jour, que 30 % et le reste risque de ne pas être utilisé », a affirmé le secrétaire d’Etat espagnol. Selon la version espagnole, la coopération intergouvernementale entre les deux pays est paralysée depuis un an. Mais, affirment les responsables espagnoles, les subventions attribuées aux ONG espagnols actives au Maroc sont maintenues ainsi que les bourses accordées aux étudiants marocains pour poursuivre leurs études en Espagne.
Selon le quotidien espagnol El Pais, le taux de 70% avancé par Ignacio Gonzalez serait exagéré.
Le journal madrilène rapporte que le secrétaire général de l’Agence Espagnole de la Coopération Internationale, Rafael Rodriguez Ponga, a annoncé, il y a une semaine, devant le Congrès des députés espagnol que la baisse de la coopération « sert aussi à sanctionner Rabat pour le non-contrôle des flux migratoires ».
Par ailleurs, l’ONG espagnole « Intermon Oxfam » a dénoncé, mardi, le gouvernement de Madrid pour le fait qu’il considère le budget réservé au fonctionnement des écoles espagnoles au Maroc comme une aide au développement. En effet, il existe au Maroc onze écoles qui reçoivent annuellement le montant de 15 millions d’euros qui sert à leur fonctionnement. Selon « Intermon Oxfam », ce montant représente 40% de l’aide au développement réservée au Maroc.
L’ONG espagnole estime que cette situation n’est pas logique. Car le Maroc est un pays qui a besoin d’aide pour la scolarisation des enfants dans le monde rural ou « un enfant sur trois n’est pas scolarisé », alors que les écoles espagnoles sises au Maroc sont des écoles « d’élites ». Elles ne peuvent donc entrer dans le cadre de l’aide au développement.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *