Marche Verte : Un succès diplomatique qui a précipité le départ de l’Espagne

Marche Verte : Un succès diplomatique qui a précipité  le départ de l’Espagne

«Notre décision est prise, forts de notre bon droit, Nous allons entreprendre notre Marche Verte. Nous aurons à nos côtés nos frères et amis, ne comptant que sur notre ferme détermination et notre foi inébranlable», c’est par ces mots que Feu Sa Majesté le Roi Hassan II s’est adressé aux Marocains le 5 novembre 1975 à Agadir annonçant le signal de départ de la Marche Verte vers le Sahara marocain.

«Demain tu franchiras la frontière. Demain, tu entameras ta marche. Demain, tu fouleras une terre qui est tienne. Tu palperas des sables qui sont tiens. Demain, tu embrasseras un sol qui fait partie intégrante de ton cher pays», a souligné le défunt Roi dans son discours historique qui s’adressait aux volontaires participant à la Marche Verte. ll n’a pas été difficile pour Feu SM Hassan II de convaincre les citoyens marocains de se mobiliser pour cette noble cause en raison de la relation solide entre le Trône et le peuple faisant de la participation à cette Marche un devoir national.

La volonté de défendre la patrie et un élan de solidarité sans précédent ont poussé donc 350.000 Marocains à braver tous les dangers pour parachever l’intégrité territoriale du pays dans ses provinces du Sud. Le choix du nombre de participants n’était pas le fait du hasard, il équivalait au nombre de naissances au Maroc durant cette période. Venant de toutes les régions du pays, une marée humaine a donc entamé la plus grande marche pacifique de l’Histoire avec la participation remarquée des femmes sans parler des délégations des pays arabes frères tels que l’Arabie Saoudite, la Jordanie, le Qatar, les Emirats Arabes Unis, Oman, le Soudan, le Gabon et le Sénégal. Armé de la seule foi en la justesse de sa cause et brandissant le Saint Coran et le drapeau national, les volontaires civils avaient répondu à l’appel lancé par Feu SM Hassan II et se sont dirigés vers Tarfaya. Cette grande marche pacifique était la parfaite illustration des liens entre le peuple et le Trône et pas seulement, elle a ouvert la voie à la libération des provinces du Sud et ce, après que la Cour de La Haye a confirmé l’existence de liens juridiques et d’allégeance entre les Sultans du Maroc et les tribus sahraouies. En effet, le Maroc avait décidé de porter la question du Sahara devant la Cour internationale de justice (CIJ), soutenu à l’époque par la Mauritanie. L’Espagne refusait auparavant de régler ce contentieux par voie judiciaire. Verdict tombé, la CIJ avait dit que le Sahara n’était pas, avant l’établissement de l’Espagne en 1884, une «terra nullius». Deuxièmement, elle a admis l’existence de liens juridiques et d’allégeance entre les Sultans du Royaume et les tribus sahraouies confortant ainsi les droits historiques du Maroc sur son Sahara. Dès lors, le pays avait considéré l’argument juridique suffisant pour lancer la Marche Verte. Dans la plus grande discrétion le Maroc l’a organisée.

Sur le plan diplomatique, la Marche Verte du 6 novembre 1975 était un succès. Elle a précipité le départ de l’Espagne du Sahara occupé. S’en est suivi l’Accord de Madrid signé le 14 novembre 1975. Il s’agit d’un accord tripartite signé par le Maroc, l’Espagne et par la Mauritanie en vertu duquel l’administration du territoire saharien fut transférée au Maroc et à la Mauritanie. Ce texte a été signé par le président du gouvernement, Carlos Arias Navarro, pour l’Espagne, le Premier ministre, Ahmed Osman, pour le Maroc et le ministre des affaires étrangères, Hamdi Ould Mouknass, pour la Mauritanie. Le 28 février 1976, l’Espagne s’est définitivement retirée du territoire mettant fin à son occupation du Sahara qui a commencé en 1884.

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