Mehdi Mezouari, député USFP

Mehdi Mezouari, député USFP

ALM : Comment évaluez-vous votre action en tant que jeune député de l’USFP, parti de l’opposition?
Mehdi Mezouari : Le passage de l’USFP à l’opposition n’est pas une période de repos biologique comme il se dit. Ce n’est pas une période où l’on peut faire du populisme pour gagner du terrain. Et l’opposition n’est pas une vocation propre à l’USFP, mais c’est une mission historique qu’il essaye d’accomplir avec sérénité et bon sens. Mon travail en tant que député s’inscrit dans ce cadre. Je suis élu dans un groupe qui a sa vision de l’opposition. Après 13 ans d’exercice et de participation au pouvoir, l’USFP essaye de se retrouver dans une nouvelle identité de l’opposition. Avant 1998, l’USFP était en opposition contre un mode de gestion, contre le style général de gouvernance. Là nous sommes dans une opposition contre des politiques publiques, une vision du gouvernement, d’abord dans l’objectif de renforcer la construction démocratique. Mais aussi pour veiller à la mise en œuvre démocratique de la Constitution. Et c’est le cheval de bataille de notre parti, surtout que nous sommes devant un gouvernement conservateur qui a sa propre interprétation de la mise ne œuvre de la Constitution qui est autre que l’interprétation démocratique. Ainsi devant une majorité forte, il faut une opposition forte.

Mais on remarque que l’opposition est dispersée et manque de vision commune…  
Nous avons fait le choix de pratiquer une opposition socialiste, c’est-à-dire en ne s’insérant pas dans un bloc uni de l’opposition. Par ailleurs vous pouvez suivre tous les débats importants et voir le rôle important que joue l’USFP dans l’opposition et pour imposer des règles claires par rapport à la mise en œuvre de la Constitution. Donc c’est une opposition de l’USFP face à la majorité. Une majorité qui, soulignons-le, n’est pas unie non plus. Dans ce sens, l’USFP lutte contre un parti majoritaire qui fédère, mais devant lequel les autres partis de la majorité sont complètement effacés, et cela tous les historiens et les observateurs peuvent le confirmer. Il n’y a que l’action du PJD qui est nommée action gouvernementale. Et dans ce clivage un peu spécial, nous sommes devant un phénomène bizarre, un gouvernement qui n’est pas homogène, devant des composantes du gouvernement en contradiction totale.

Que reprochez-vous au gouvernement?
C’est un gouvernement de gestion d’affaires courantes et qui n’est pas encore en mesure d’apprécier l’instant politique que connaît le Maroc après la Constitution du 1er juillet. Nous sommes devant un gouvernement qui ne tranche pas dans ses solutions, qui n’essaye même pas d’assumer ses responsabilités par rapport aux grandes questions.Je citerai l’exemple de la loi sur les nominations aux hautes fonctions, je citerai l’exemple de plusieurs attributions du gouvernement et les attributions du Roi par rapport à plusieurs questions, la loi sur l’immunité des militaires, le débat sur la loi de Finances, des sujets contre lesquels l’USFP a clairement exprimé son opinion et son désaccord. Le gouvernement essaye toujours, et cela est visible dans les tendances du chef de gouvernement, de se rapprocher le maximum du Palais, pour d’une part, essayer de confondre ses politiques avec celles du Palais, et d’autre part, pour s’immuniser et avoir la bénédiction du Palais. Donc on essaye de compenser le déficit de confiance qu’il y avait entre le Palais et les islamistes par des dépassements sur des attributions proprement dites dans la Constitution.

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