Menaces terroristes sur les Etats-Unis

Les Etats-Unis font actuellement face à une «menace sérieuse» d’attaque terroriste qui pourrait être plus grave que celle du 11 septembre, ont laissé entendre plusieurs experts et responsables américains. En faisant cette révélation dimanche, le New York Times précisait que « les services de renseignement américains ont intercepté une série de communications entre agents d’Al-Qaïda qui pourraient indiquer qu’un nouvel attentat majeur est en préparation ». Le FBI a également indiqué à l’AFP avoir reçu des éléments selon lesquels Al-Qaïda pourrait s’attaquer à des immeubles d’habitation aux Etats-Unis. Selon ces informations, des dirigeants du réseau terroriste auraient évoqué la possibilité de louer des appartements et d’y déposer des explosifs.
Plusieurs analystes américains avaient déjà déclaré que l’attaque de la synagogue le mois dernier à Djerba en Tunisie, qui a fait 19 morts, de même que l’attentat suicide de Karachi au Pakistan –14 morts -, étaient le fait d’Al-Qaïda. Si pour ce dernier, rien n’est encore sûr, les doutes sur l’attentat en Tunisie seraient apparemment fondés.
Samedi, un homme présenté comme un dirigeant d’Al-Qaïda a en effet revendiqué l’attentat du 11 avril lors d’un entretien au journal Asharq al-Awsat, basé à Londres. Après avoir reçu un e-mail de Ben Laden, le quotidien arabe fait un nouvel fois parlé de lui. Son interlocuteur, un « haut dirigeant militaire» du réseau, serait Abdel Azeem al-Muhajir. Ce dernier aurait promis «une prochaine attaque contre des Américains». L’AFP a pour sa part précisé qu’Al-Muhajir était connu sous le nom d’Abou Bilal Al-Muhajir et serait un Palestinien de nationalité jordanienne. Il serait bien membre d’Al-Qaïda, «mais en tant qu’administrateur de niveau moyen et non en tant que commandant». Reste que malgré ces différentes déclarations, la Maison blanche a aujourd’hui encore un gros souci. Comment George W. Bush va-t-il convaincre l’opinion américaine qu’il ne pouvait rien faire pour empêcher le drame du 11 septembre… tout en ayant été alerté de sa préparation ? «Jusqu’à ce que quelqu’un prouve que l’administration Bush a reçu et ignoré des informations portant précisément sur les détournements d’avion, le pays devra vivre avec le fait beaucoup plus confus et non moins dérangeant que le gouvernement dans son ensemble n’a pas fait ce qu’il devait», a écrit le New York Times ce dimanche. «La tempête semble gonflée» a renchéri le Washington Post, octroyant à l’administration le bénéfice du doute lorsqu’elle affirme que les renseignements qu’elle avait reçus étaient «très généraux». Le quotidien a cependant ajouté que «les indications de plus en plus nombreuses que des éléments isolés du gouvernement fédéral possédaient des informations sur le complot, des informations qui n’ont pas été confrontées et n’ont pas remonté la chaîne administrative, sont beaucoup plus inquiétantes ».
Entre fin juin et début août 2001, divers services fédéraux auraient lancé de tels avertissements. Un plan de guerre pour éliminer Al-Qaïda aurait alors été transmis au président Bush le 9 septembre. «Ce plan avait été déposé sur le bureau du président, qui n’a pas eu le temps ni d’en prendre connaissance ni de le signer», a précisé la chaîne NBC.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *