Mohamed Aujjar : La transformation de la justice est en marche

Mohamed Aujjar : La transformation de la justice est en marche

Le ministre a fait référence aux divergences au sein de la majorité expliquant que celles-ci ne dépassent pas la différence de points de vue et que le Rassemblement national des indépendants a adhéré depuis le début au programme gouvernemental.

Réforme de la justice, situation des détenus, divergences au sein du gouvernement… autant de sujets qui ont été abordés par Mohamed Aujjar lors de la rencontre-débat organisée en fin de semaine dernière par le think tank indépendant Al Mountada à Casablanca. Sous la thématique «La réforme de la justice, levier de développement», cette rencontre a été l’occasion pour les dirigeants issus du secteur public, privé et associatifs de l’ensemble des régions du Maroc d’échanger leurs points de vue avec le ministre de la justice. A cet égard, Mohamed Aujjar est revenu sur les avancées réalisées au niveau judiciaire jusqu’à ce jour expliquant qu’il reste encore des défis à mener. Le ministre a également fait référence aux divergences au sein de la majorité expliquant que celles-ci ne dépassent pas la différence de points de vue et que le Rassemblement national des indépendants a adhéré depuis le début au programme gouvernemental.

Indépendance du ministère public

Au niveau du ministère public, Mohamed Aujjar a considéré qu’il soutient l’indépendance du pouvoir judiciaire et la défense des droits et libertés. Dans ce cadre, il a mis en avant le rôle joué au sein des tribunaux par les magistrats soulignant que depuis lors le ministre de la justice n’est plus l’unique acteur dans le paysage judiciaire au Maroc se félicitant à cet effet de la réussite de cette réforme.

Gestion au sein des prisons, peines alternatives

Lors de cet échange, le ministre de la justice a également évoqué la politique pénale et pénitentiaire qui a commencé à soulever un certain nombre de questions, notamment avec le développement de la société, l’évolution du crime et le surpeuplement dans les établissements pénitentiaires. Ces derniers comptent actuellement environ 83.000 détenus soulevant ainsi la gestion difficile au sein des prisons. «Le débat avec des professionnels de la justice a conduit à l’examen des sanctions alternatives, comme ce que l’on a vu dans un certain nombre d’États», ajoutant que ces dispositions figuraient dans le projet de loi pénale en examen par la Commission de la justice. Il a précisé que pour la première fois dans la législation marocaine, on parle de peines alternatives comprenant des amendes, le travail pour l’intérêt public et le bracelet électronique. Afin de mener à bien cette transformation, le ministre de la justice a insisté sur la nécessité d’ouvrir le débat autour de cette question, notamment par le biais des médias, des associations professionnelles et des forums afin que le grand public puisse assimiler ce qu’on entend par les peines alternatives. Par ailleurs, le ministre de la justice a souligné que la lutte contre la corruption sous toutes ses formes est une revendication de tous les Marocains et une priorité pour tout le système judiciaire au Maroc.

Avenir du français dans nos tribunaux

Pour ce qui est des langues utilisées dans le domaine de la justice, Mohamed Aujjar a estimé que le Maroc avait réussi à passer à l’arabisation dans de nombreux domaines. Toutefois les entreprises et le monde économique, financier, les banques rencontrent des obstacles à ce niveau dans les tribunaux en cas de contentieux. A ce sujet, le ministre a indiqué qu’un bon nombre de juges traite des affaires dont la plupart des documents sont rédigés en français précisant que la loi relative à l’organisation judiciaire donne la possibilité de présenter des documents en langues étrangères, notamment le français.

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