MUR : manifestations au P.O et au MAGHREB

Basée à La Haye, la CIJ doit étudier la légalité de cette barrière de séparation. Les Palestiniens souhaitent que la CIJ, principal organe judiciaire des Nations unies, conclue que cet ouvrage est illégal. Israël, qui ne participe pas aux audiences de la CIJ, s’est contenté de déposer un mémoire écrit, estimant que la Cour n’est pas habilitée pour statuer sur ce sujet. A Abou Dis, devant les blocs de béton hauts de huit mètres, qui coupent Jérusalem de ses faubourgs en Cisjordanie, le Premier ministre palestinien, Ahmad Qoreï, s’est joint à des milliers de manifestants venus de localités voisines. De l’autre côté du mur, invisible aux yeux des manifestants, se trouvait la carcasse calcinée du bus détruit la veille par un kamikaze palestinien qui a tué huit personnes en se faisant exploser.
« Nous envoyons d’ici un message de protestation à la CIJ contre ce mur », a lancé M. Qoreï aux manifestants, « A tous ceux qui veulent la paix en Israël, nous disons que ce mur n’a pas été bâti pour la sécurité, mais pour usurper nos terres et isoler 250.000 Palestiniens. Nous ne l’accepterons jamais », a-t-il ajouté. Des dignitaires religieux musulmans et chrétiens, des députés palestiniens et des activistes étrangers et israéliens ont participé à la manifestation. A Ramallah, où le dirigeant palestinien Yasser Arafat a appelé les Palestiniens à « faire entendre leur voix contre le mur de l’annexion et de l’expansion », écoliers et fonctionnaires ont afflué vers le coeur de la ville, où la circulation s’est figée pendant cinq minutes à midi.
« Non au mur », pouvait-on lire en arabe, en anglais et en hébreu sur une énorme banderole déployée sur la façade d’un immeuble dominant le centre. Des manifestations similaires ont eu lieu à Jénine, Kalkiliya, Naplouse et à Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie, ainsi qu’à Bethléem et Hébron, dans le sud de ce territoire. A Gaza, des activistes armés ouvraient la manifestation à laquelle participait notamment le chef spirituel du groupe islamiste Hamas, cheikh Ahmad Yassine, sur son fauteuil roulant. Au Caire, près de 7.000 étudiants ont manifesté à l’Université d’Al-Azhar, mêlant des slogans dénonçant le « mur de séparation » et d’autres contre l’interdiction du voile islamique dans les établissements scolaires publics en France. « Le voile ou le mur : lequel des deux est le symbole du terrorisme? » proclamait une banderole brandie par les étudiants, qui ont défilé sur leur campus entourés par un important cordon de sécurité de la police empêchant les manifestants de franchir l’enceinte universitaire. Près de 500 militants de partis de l’opposition ont également manifesté contre le « mur » place Tahrir, dans le centre de la capitale égyptienne, surveillés par un important dispositif des forces anti-émeutes. A Damas, plusieurs dizaines de Palestiniens ont organisé mardi une manifestation assise devant la représentation de l’Union européenne pour marquer leur opposition à la ligne israélienne.
Au Liban, diverses manifestations contre la barrière ont rassemblé plus de 4.500 personnes, principalement dans le camp de réfugiés palestiniens d’Aïn Héloué (sud), mais aussi à Beyrouth et à Tripoli (nord). A Rabat, quelque 200 personnes se sont rassemblées devant la représentation de l’Autorité palestinienne. « Ni sionisme ni mur, la Palestine est la terre des hommes libres », « l’Irak et la Palestine, un seul peuple », ont-ils notamment scandé. A La Haye, quelque 3.500 personnes ont manifesté, mais il s’agissait là de sympathisants d’Israël, réunis « contre le terrorisme » devant le Palais de la Paix, siège de la CIJ, en brandissant les photos de victimes d’attentats-suicide palestiniens.

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