Mustapha El Khalfi : L’essor numérique au Maroc nécessite un accompagnement au niveau du contenu

Mustapha El Khalfi : L’essor numérique au Maroc nécessite un accompagnement au niveau du contenu

L’évolution numérique remarquable qu’a connue le Maroc, qui compte actuellement 16 millions d’internautes et 4,7 millions de « Facebookiens », nécessite un accompagnement au niveau du contenu, a souligné, vendredi à Rabat, le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi.
Intervenant à l’ouverture d’une conférence organisée à l’initiative du ministère de la Communication et de la Bibliothèque nationale du Royaume du Maroc (BNRM) sur le thème « Quelle politique pour développer le contenu numérique au Maroc », M. El Khalfi a indiqué que le contenu numérique, qui pose de nombreux défis sur les plans politique et économique, est appelé à se développer pour refléter le rayonnement culturel du Royaume, sa pluralité et son ouverture.
Pour mettre la qualité au cœur de cette dynamique quantitative, M. El Khalfi a indiqué que son département planche sur une série de mesures visant à remplacer le Plan Maroc Numeric, qui arrive à échéance l’année prochaine, par une stratégie d’une plus grande ampleur incluant une partie réglementaire qui s’avère nécessaire pour accompagner la grande liberté qui caractérise le champ numérique.
Le ministre a fait savoir, par ailleurs, qu’un comité s’attelle à l’élaboration d’une stratégie nationale pour le développement du contenu médiatique et numérique, sous forme de « livre blanc » qui viendra renforcer les mesures à caractère institutionnel visant la promotion de la bonne gouvernance au niveau de l’espace numérique, la consolidation du rôle de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), la promotion de l’utilisation des TIC dans l’enseignement, et le développement du partenariat public-privé.
Ces efforts se heurtent à plusieurs contraintes relatives, notamment, à la faiblesse du contenu numérique et au manque de collaboration entre les mondes numérique et audiovisuel, a relevé M. El Khalfi, ajoutant qu’il est grand temps de jeter des passerelles de communication et de coopération entre les acteurs des deux domaines.
De même, a poursuivi le responsable, la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) et l’ANRT sont appelées à intensifier leur coopération en vue d’élaborer un cadre réglementaire en mesure d’accompagner l’essor du secteur numérique et de contribuer à la réussite des mesures institutionnelles entreprises dans ce domaine.
Dans son intervention axée sur la presse électronique, le président de la Fédération marocaine des éditeurs de journaux (FMEJ), Noureddine Miftah, a imputé les lacunes dont souffre cette presse au niveau du contenu, au manque d’outils de production de l’information et à l’absence d’un modèle économique.
Tout en appelant au respect de la déontologie en tant qu’élément indispensable à la pratique journalistique sous toutes ses formes, M. Miftah a souligné que le rôle des autorités publiques ne consiste nullement à censurer la presse électronique, mais plutôt à soutenir le développement du secteur en œuvrant à la formation et à la qualification des journalistes.
En spécialiste du domaine, Abdelouahab Errami, enseignant à l’Institut supérieur de l’information et de la communication (ISIC) de Rabat, a relevé que l’essor sans précédent de la presse électronique met les autorités marocaines devant des enjeux de taille ayant trait à l’encadrement, la reconnaissance des professionnels de ce type de presse comme des journalistes à part entière, et à l’ancrage des bonnes pratiques au sein des établissements de presse électronique.
Cette rencontre, qui a réuni une pléiade de chercheurs et de professionnels du secteur, se propose d’engager une réflexion sur les moyens de développer les contenus numériques et d’en améliorer la qualité, à travers plusieurs panels de discussion portant, entre autres, sur « les technologies de l’information et de la communication: état des lieux », « la presse électronique au Maroc et la production du contenu: problématiques et mécanismes de développement » ou encore « les journaux électroniques et le défi de la qualité ».

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