Nazareth : La mosquée de tous les calculs

Le ministre de l’Intérieur, Eli Ishai, et le ministre du Logement, Natan Sharansky, ont reçu pour consigne de trouver un autre site pour la mosquée à Nazareth dans les deux semaines.
Cette construction, approuvée par les précédents gouvernements israéliens, a provoqué des frictions entre l’Etat hébreu et le monde chrétien, en particulier avec le Vatican. Des frictions qui arrangent paradoxalement des affaires d’Israël qui espère une crise entre Musulmans et Chrétiens. Diviser pour mieux régner… Les dirigeants musulmans ont mis en garde contre des actes de violence si la mosquée n’était pas construite sur l’emplacement actuel d’un petit mausolée abritant la tombe de Shihabeddine, censé être un parent de Salaheddine El Ayyoubi, le héros qui, au 12è siècle, défit les Croisés et mit fin aux royaumes chrétiens en Terre Sainte. Les Chrétiens, qui affirment ne pas être contre la construction d’une mosquée, pourvu que ce soit ailleurs, ont accueilli favorablement l’arrêt des travaux. « La décision du gouvernement est positive et nous espérons qu’il tiendra sa parole sur l’arrêt des travaux », a déclaré le père Raed Abou Sakhlieh, chancelier (secrétaire) du patriarcat latin d’Al-Qods. Selon l’Evangile, la basilique de l’Annonciation, la plus grande église du Proche-Orient, est construite sur le lieu où l’ange Gabriel aurait annoncé à Marie la naissance du Christ.
La police de Nazareth -une ville de 70.000 habitants – se préparait à affronter la colère du Mouvement islamique, organisation locale qui a financé les travaux de construction. La mosquée était devenue le symbole des aspirations des Musulmans, qui sont plus d’un million en Israël (soit un sixième de la population), à un plus grand pouvoir politique à Nazareth où les Chrétiens ne sont plus majoritaires. Les travaux de terrassement pour la construction de cette mosquée ont débuté en novembre. Et les fondations du bâtiment sont achevées. Israël avait donné son feu vert en 1999 à la construction. Des Musulmans de Nazareth qualifient de « stupide et irresponsable » la décision du Cabinet de sécurité israélien, « car elle ravivera le conflit entre les deux communautés ». Un conflit qui, à Dieu ne plaise, conforterait Israël dans sa tactique de calculs politiciens.

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