Népal : Chronique d’un pays déchiré

C’était en juin dernier. Le pays était en état de choc après l’annonce du massacre du roi Birendra, de la reine Aishwarya et de trois de leurs enfants par le prince héritier, Dipendra, qui a également trouvé la mort dans la tuerie. Ce drame royal a alors touché durement ce pays très pauvre et déjà affecté par l’instabilité politique causée par une forte rébellion maoïste. Un mouvement protestataire qui a récemment rompu le fragile cessez-le-feu qu’il avait conclu avec le pouvoir un mois après le multiple meurtre du palais. Cette guérilla, active depuis plusieurs années, cherche en effet à renverser la monarchie constitutionnelle au pouvoir pour la remplacer par une république populaire. Selon les autorités, quelque 350 personnes ont trouvé la mort depuis le début des hostilités le 23 novembre. 80 policiers et soldats ont été tués lors de la seule série attentats lancés par les rebelles le week-end dernier. Les guérilleros auraient de leur côté perdu de 70 à 80 hommes lors des attaques qu’ils ont mené contre des locaux de l’administration civile, des postes de police et de l’armée, dans le district de Solukhumbu, à quelque 280 km au nord-est de la capitale Katmandou. Devant l’aggravation de la situation, le nouveau roi Gyanendra, jeune frère du monarque assassiné, a décrété lundi l’état d’urgence sur l’ensemble du pays. Mardi et mercredi, l’armée a, pour la première fois, lancé des opérations terrestres et aériennes contre la rébellion. Jeudi, les guérilleros ont riposté en frappant pour la première fois depuis la reprise des violences, la capitale Katmandou. Deux bombes ont en effet explosé dans une usine de la société américaine Coca Cola à Balaju, dans la banlieue, causant d’importants dommages matériels, mais sans faire de victimes. Ces affrontements, qui avaient été suspendus durant quatre mois pour permettre aux deux camps d’entamer des négociations, ont fait plus de 2 000 morts depuis leur déclenchement en 1996. La reprise des violences serait due au refus de la part du gouvernement de prendre en compte l’appel au changement de constitution lancé par la rébellion.

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