Netanyahu : La soif de revanche

Il rêve de revenir au pouvoir. « Faucon » attaché à l’idéologie d’un grand Israël englobant les territoires palestiniens, Benjamin Netanyahu, au pouvoir entre 1996 et 1999, a laissé le souvenir d’un homme qui a consciencieusement saboté le processus de paix lancé par ses prédécesseurs travaillistes. Agé de 52 ans, Benjamin Netanyahu, véritable « enfant terrible » de la droite israélienne, avait quitté le pouvoir sans gloire après les élections de mai 1999, qui avaient vu le triomphe du travailliste Ehud Barak. Il avait même renoncé à son siège de député, entamant alors une véritable traversée du désert marquée par des poursuites judiciaires pour une affaire de corruption.
En septembre 2000, le ministère public renonçait toutefois à l’inculper, ouvrant ainsi la voie à son retour en politique et, pensait-on, au pouvoir. Il devait toutefois se faire piéger en décembre de la même année par Barak, qui démissionnait à la surprise générale, entraînant une élection spéciale au seul poste de Premier ministre. Les analystes s’accordent aujourd’hui à dire que c’est ce même Netanyahu qui est responsable de la défaite humiliante subie dimanche soir devant le comité central du Likoud par Ariel Sharon, actuel chef du gouvernement israélien et leader de ce parti. En effet, c’est l’un des proches de l’ancien Premier ministre qui a introduit la résolution par laquelle le comité s’est opposé à la création d’un Etat palestinien. Les partisans de l’actuel Premier ministre accusent Netanyahu de vouloir saborder le gouvernement d’union nationale mis sur pied par Ariel Sharon le 7 mars 2001, afin de provoquer des élections anticipées qui pourraient le ramener au pouvoir. Tous les sondages montrent que Netanyahu a un soutien supérieur à celui de Sharon au sein du comité central du Likoud, qui devra choisir le candidat du parti au poste de Premier ministre lors des prochaines élections générales. Son père, Bentzion Netanyahu, professeur d’histoire aux vues jugées trop radicales, s’était exilé aux Etats-Unis où le jeune benjamin a pu acquérir une maîtrise parfaite de l’anglais, mais aussi des techniques de communications.
Cela lui permet d’entamer en 1982 une carrière diplomatique à l’ambassade d’Israël à Washington, puis de devenir la coqueluche de New York en tant que représentant de son pays aux Nations Unies. Son ascension fut ensuite fulgurante : élu député en 1988, il est quatre ans plus tard chef du Likoud, avant de devenir le 29 mai 1996 le premier chef de gouvernement israélien élu au suffrage universel, au détriment du Travailliste Shimon Peres.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *