Nezha El Ouafi: «Plus de 2.500 de Marocaines exploitées dans la prostitution dans les pays du Golfe»

Nezha El Ouafi: «Plus de 2.500 de Marocaines exploitées dans la prostitution dans les pays du Golfe»

Trois questions à Nezha El Ouafi, parlementaire à la Chambre des représentants

ALM : Peut-on parler d’une réelle avancée dans la lutte contre la traite des êtres humains avec cette nouvelle loi ?

Nezha El Ouafi : L’adoption de cette loi instaure une véritable protection législative, notamment pour les femmes marocaines contre les mafias de la traite des êtres humains. Il s’agit de protéger l’image du Maroc sur la scène internationale. Le gouvernement doit au plus vite créer une commission interministérielle avec comme principale mission d’évaluer la politique publique en matière de la lutte contre la traite des êtres humains. Il faut aussi mettre en place de services centraux et locaux pour la concrétisation de cette politique. J’appelle également à prévoir les moyens financiers et humains nécessaires car l’adoption d’un cadre légal pour la lutte contre ce phénomène n’est pas suffisante à moins que le nouveau texte ne soit accompagné par des mesures institutionnelles.

Quelles sont les étapes à suivre selon vous ?
Il faut commencer par prévoir des moyens, déterminer les victimes et réunir une base de données. Il faut tout aussi pourchasser les personnes impliquées et les traduire en justice. Le rapporteur spécial des Nations Unies sur la traite des personnes avait attiré l’attention en 2012 sur des intermédiaires opérant en toute illégalité dans plusieurs villes et spécialisés dans le transfert des femmes vers des pays du Golfe.

Est-ce que vous avez des chiffres sur l’ampleur de ce trafic ?

Il y a près de 2.500 femmes marocaines qui ont été déplacées vers des pays du Golfe depuis 2002 pour être exploitées dans la prostitution. Il faut dire que le rapporteur spécial des Nations Unies sur la traite des personnes avait révélé des éléments choc sur ces femmes précisant que des intermédiaires travaillaient notamment à Casablanca et Rabat pour trouver de nouvelles victimes. Par ailleurs, le ministère de la justice nous fait savoir qu’en 2011, les autorités ont enregistré 164 cas d’exploitation sexuelle dont 89 professionnelles du sexe. S’agissant de l’exploitation sexuelle des enfants, un rapport de 2012 avait recensé une vingtaine de cas.

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