Nezha Lahrichi : «Le défi est de passer d’une idée force à un programme d’action»

Nezha Lahrichi : «Le défi est de passer d’une idée force à un programme d’action»

ALM : Comment se présentent les résultats 2011 du CNCE?
Nezha Lahrichi : Dans son rapport, le CNCE a mis en lumière une situation assez inquiétante, où la fragilité de l’équilibre du commerce extérieur résulte plus de la progression soutenue des importations que des faibles performances à l’exportation. Dans ce sens, le déficit du commerce extérieur n’a cessé de se creuser. Aussi, en 2011, le déficit des biens a atteint 185 milliards de dirhams, celui des biens et services 116 milliards de dirhams et l’excédant du commerce des services et les transferts des MRE n’arrivent plus à le couvrir. La capacité d’absorption de ce déficit par ces deux excédents qui était de 171% en 2001 est tombée à 63% en 2011, à l’heure même où le trend des exportations marocaines de biens et services est ascendant avec un rattrapage du rythme de croissance des pays concurrents pour les exportations de biens.

Quelle lecture faites-vous du déficit commercial au Maroc?
Globalement, le déficit commercial s’explique essentiellement par trois effets. D’abord, par un fort contenu en importations de la croissance économique, à savoir, 85% des produits importés sont incompressibles et les prix des produits dominants sont en augmentation (Energie et matières premières). Ensuite, par un effet de soutien des prix importés qui ne stimule pas une rationalisation de la consommation. Et enfin, par l’effet «marges préférentielles» dans le cadre des ALE.

Quels sont, selon vous, les moyens pour y palier?
La dépendance du système productif à l’égard d’intrants importés pose la question de la diversification productive en mesure de favoriser l’intégration du tissu industriel, aussi, l’analyse des biens d’équipement et des consommations intermédiaires mérite d’être approfondie pour évaluer le potentiel de substitution par des produits fabriqués localement dans des conditions compétitives. Sur un autre niveau, les axes de la politique économique se renouvellent en fonction des conjonctures nationales, régionales et internationales, ainsi, l’intégration maghrébine est une chance pour construire un système productif, régional intégré et compétitif. Le défi est, donc, de passer d’une idée force à un programme d’action.

L’adoption de l’accord agricole Maroc-UE sera t-il en faveur de l’atténuation de ce déficit?
Bien sûr que cet accord va énormément contribuer et aider à atténuer le déficit commercial. Cela coule de source, cet accord est une vraie aubaine pour les exportateurs marocains.

Vous portez également la casquette de présidente de la SMAEX. Comment cette institution soutient-elle les exportations?
La SMAEX a une mission d’intérêt général et elle ne doit ménager aucun effort pour soutenir les exportateurs, les aider à maintenir leur part de marché, particulièrement, en période de crise. C’est dans ce cadre que des dispositifs ont été élaborés avec le gouvernement pour amortir le choc de la crise qui, d’ailleurs, n’a pas fini de produire ses effets. En effet, pour cette année, les perspectives de croissance du commerce mondial sont de 3,8% contre 6,8% en 2011 et 12% en 2010 ! La crise de la dette souveraine rend la situation encore plus difficile chez nos principaux partenaires. C’est pour dire que cette conjoncture impose de renforcer le principe de précaution pour protéger au mieux les exportateurs d’où la réactivation du comité de crise de la SMAEX dont l’objectif consiste à informer les exportateurs sur la crise et ses conséquences et les  aider à sélectionner leur clientèle étrangère. La SMAEX œuvre, également, pour la reconduction pour 2012 de l’Assurance publique complémentaire à l’assurance crédit commercial.

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