Nucléaire : Le niet iranien

Le porte-parole des Affaires étrangères, Hamid Reza Assefi, a minimisé comme « marginaux » les différents motifs d’inquiétude qui devraient dominer la réunion de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à partir de lundi à Vienne. Mais, s’exprimant devant la presse, il n’a pas répondu précisément aux demandes avancées par les Européens, qui réclament une suspension complète par l’Iran de toutes ses activités liées à l’enrichissement de l’uranium. « Si les Européens et la communauté internationale veulent des assurances que nous cherchons à posséder la technologie nucléaire à des fins civiles, nous sommes prêts à les donner dans le cadre du protocole additionnel et nous sommes prêts à fournir toute la coopération voulue dans le même cadre », a déclaré M. Assefi. « Mais si ce qu’ils veulent, c’est nous empêcher de maîtriser la technologie nucléaire à des fins pacifiques, c’est: non », a-t-il ajouté. Face à la suspicion internationale, l’Iran ne cesse d’affirmer que ses activités nucléaires visent exclusivement à produire de l’électricité. Il a aussi affirmé sans désemparer, au cours des derniers mois, sa volonté de maîtriser tout le cycle nucléaire, en particulier la production d’uranium enrichi comme combustible pour alimenter ses futures centrales. La communauté internationale s’inquiète que l’uranium ne soit détourné à des fins militaires.
Ses préoccupations ont été confortées par une série de retours en arrière de la part de l’Iran sur l’engagement pris en octobre 2003 auprès des Européens de suspendre l’enrichissement de l’uranium. Les Européens, exaspérés par les volte-face iraniennes, pourraient déposer, cette semaine à l’AIEA, un projet de résolution donnant à l’Iran jusqu’à fin novembre pour dissiper les inquiétudes. Ils réclameraient la suspension immédiate de toutes les activités liées à l’enrichissement de l’uranium. Celles-ci comprennent la construction et l’expérimentation de centrifugeuses servant à enrichir l’uranium ainsi que la conversion du yellow cake, état primitif de l’uranium, en UF6, gaz injecté dans les centrifugeuses.
Sans préconiser un « mécanisme déclencheur » qui enverrait le dossier au Conseil de sécurité de l’Onu au cas où les Iraniens ne donneraient pas satisfaction, les Européens se rapprochent ainsi des Américains.
Réagissant à des informations selon lesquelles l’Iran aurait à nouveau accepté de suspendre la production de pièces pour les centrifugeuses, comme il l’avait fait en février avant de revenir sur sa décision, M. Assefi a répondu: « Nous avons des problèmes plus importants et celui-ci est marginal ». « Il n’a pas été question, (dans les discussions) avec les Européens, de concessions ou de rien de tel », a tranché M. Assefi. Il a redit que, pour Téhéran, la conversion du yellow cake était distincte de l’enrichissement lui-même: « Il n’y a absolument aucun rapport entre la suspension de l’enrichissement et le yellow cake ». « Nous nous en tenons à la (décision de) suspension volontaire » de l’enrichissement, a-t-il dit, mais il a jugé « peu importante » la question du yellow cake. M. Assefi a aussi qualifié de « marginale » la question d’une inspection par l’AIEA de Parchine, près de Téhéran.
Selon des diplomates à Vienne, Téhéran a refusé de donner l’accès à ce site militaire qui travaille notamment sur des explosifs chimiques. L’Iran et l’AIEA en sont aux « discussions préliminaires » à ce propos, a dit M. Assefi. Pour prouver les intentions pacifiques de l’Iran, le porte-parole a affirmé que le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, avait édicté un décret religieux (fatwa) déclarant proscrit par l’islam (haram) l’utilisation des armes atomiques.

• Laurent Lozano (AFP)

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