Nucléaire : l’Iran toujours intransigeant

Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a affirmé dimanche au secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, que l’Iran refusait toute suspension de son enrichissement d’uranium avant des négociations sur son programme nucléaire.
Il a, en revanche, assuré M. Annan que Téhéran apportait son "complet soutien" à la résolution 1701 qui a mis fin aux hostilités au Liban entre Israël et les forces du Hezbollah.
Par ailleurs, le Parlement iranien va commencer à examiner une proposition de loi pour "suspendre" les inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) si le Conseil de sécurité de l’Onu décide de "priver l’Iran de ses droits légaux" en matière nucléaire, a déclaré dimanche un responsable parlementaire. «Le président m’a assuré que l’Iran était prêt à négocier et à trouver une solution à la crise (…), (mais) il n’accepte pas la suspension avant des négociations», a dit M.Annan à la presse, à l’issue d’un entretien avec le président iranien.
Il avait évoqué le dossier nucléaire dès son arrivée à Téhéran samedi, au cours d’un entretien avec le négociateur du nucléaire iranien, Ali Larijani.
Selon ce dernier, «les deux parties se sont accordées sur le fait que la meilleure solution est de résoudre les questions à travers des négociations».
L’Iran a refusé de suspendre son enrichissement d’uranium comme l’exigeait une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, et risque de ce fait des sanctions internationales.
M. Annan avait expliqué avant son arrivée, dans une interview au journal français "Le Monde", que la patience était plus efficace que les sanctions pour amener l’Iran à suspendre son programme nucléaire.
«Je ne crois pas que les sanctions soient la solution à tous les problèmes. Il y a des moments où un peu de patience produit beaucoup d’effets», avait-il déclaré.
Dimanche, le porte-parole de la diplomatie iranienne Hamid Reza Assefi a repris ce message en expliquant que «le dialogue est la seule façon d’atteindre une solution, les autres moyens seront frappés d’impotence et ne fourniront aucun résultat».
Mais les interlocuteurs de Téhéran doutent fortement que l’Iran soit prêt à engager des négociations sérieuses, et surtout à se plier à la demande du Conseil de sécurité de suspendre son enrichissement d’uranium.
Les cinq membres permanents du Conseil (Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne) et l’Allemagne devraient se retrouver à Berlin jeudi pour des discussions sur le refus de Téhéran de renoncer à suspendre cette activité.
Les Européens sont néanmoins convenus de donner encore une chance à l’Iran. Le haut représentant de l’Union européenne pour la politique extérieure, Javier Solana, a annoncé que l’UE donnait à l’Iran un délai "court", mais sans date-butoir, pour aller vers la suspension de ses activités d’enrichissement.
La perspective croissante de sanctions a amené le dépôt au Parlement d’un projet de loi «pour suspendre l’entrée des inspecteurs de l’AIEA en Iran», selon un responsable du Majlis.
L’Iran a averti samedi les grandes puissances qu’il réviserait sa politique de coopération avec l’AIEA, chargée d’inspecter ses installations nucléaires, si le Conseil de sécurité de l’Onu décidait de sanctions à son encontre.
Sur le Liban, le président iranien «a réaffirmé son complet soutien à la résolution 1701», a dit M.Annan.
Selon le secrétaire général, le président iranien l’a assuré que l’Iran «fera tout pour soutenir l’intégrité territoriale du Liban et son indépendance». «Téhéran travaillera avec nous dans un effort collectif pour reconstruire le Liban», a déclaré encore M. Annan.
L’Iran a été considéré par les Occidentaux comme un des protagonistes du conflit à cause de son soutien au Hezbollah. Ils l’ont accusé d’armer et financer le parti chiite libanais, ce que les Iraniens ont toujours démenti, en évoquant un unique soutien moral.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *