Obsèques historiques pour Jean Paul II, le pape des multitudes

Le cercueil, porté par douze hommes vêtus de noir, a été apporté sur le parvis de la basilique peu après 08H00 GMT, accompagné par un chant grégorien de requiem. Un long applaudissement a salué son arrivée, tandis que de nombreuses personnes éclataient en sanglots.

Il a été placé sur un tapis devant l’autel. Une procession de cardinaux, habillés d’un surplis pourpre et la tête couverte d’une mitre blanche, est ensuite sortie de la basilique Saint-Pierre derrière le cercueil.

La messe était célébrée par le cardinal allemand Joseph Ratzinger, 77 ans, doyen du collège des cardinaux et proche du pape défunt.

Au même moment, quelque 800.000 personnes se sont rassemblées sur une esplanade de Cracovie, dans le sud de la Pologne, pour prier et suivre sur des écrans géants en direct du Vatican la cérémonie des obsèques.

C’est sur cette esplanade de 48 hectares que Jean Paul II avait célébré devant trois millions de fidèles une de ses plus importantes messes dans son pays natal, lors de son dernier voyage en août 2002.

"Grâce à son profond enracinement dans le Christ, il a pu porter une charge qui va au delà des forces purement humaines: être berger du troupeau du Christ, de son Eglise universelle", a déclaré dans son homélie Mgr Ratzinger.

Il a été interrompu une douzaine de fois par les applaudissements de la foule, notamment lorsqu’il a déclaré: "Notre pape, nous le savons tous, n’a jamais voulu sauvegarder sa propre vie, la garder pour lui, il a voulu se donner lui-même sans réserve, jusqu’au dernier instant, pour le Christ et de ce fait pour nous aussi".

Jean Paul II "nous voit et nous bénit", a lancé le cardinal Ratzinger en concluant son homélie. Un long applaudissement et un cri se sont alors élevés de la foule : "santo subito!" ("Qu’il soit fait saint tout de suite !").

Sous un ciel légèrement voilé, le vent faisait voler les surplis des cardinaux et les bannières déployées par la foule, dont une multitude de drapeaux polonais. Il faisait aussi tourner les pages du grand livre de l’Evangile posé sur le cercueil.

La dépouille du pape avait été mise en bière deux heures plus tôt au cours d’une cérémonie à huis clos, après avoir été exposée pendant trois jours et trois nuits devant le maître-autel de la basilique.

Le visage de Jean Paul II, décédé samedi dernier à l’âge de 84 ans, a été recouvert d’un voile de soie blanche, déposé par le maître des célébrations liturgiques, Mgr Piero Marini, et par son compatriote l’archevêque Stanislaw Dziwisz. Son corps a ensuite été placé dans un cercueil de bois de cyprès avec un sachet contenant les médailles frappées pendant le pontificat.
Selon l’agence italienne Ansa, un million de fidèles étaient rassemblés à Rome pendant la cérémonie. Près de 300.000 personnes étaient massées sur la place Saint-Pierre et sur la grande avenue de la Conciliazione qui mène au Vatican.

Des centaines de milliers d’autres suivaient la messe sur des écrans géants installés sur plusieurs places et sites de la ville éternelle.

"Pour moi, c’est l’occasion de vivre le dernier moment d’un saint", assuré Marco Janin, de Madrid.

"Aujourd’hui, c’est le début d’un nouveau chapitre, pas la fin", assurait son amie, Rosa.

La place Saint-Pierre avait été aménagée comme pour toutes les grandes cérémonies. Des carrés équipés de sièges avaient été délimités par des barrières en bois. Les premiers rangs étaient réservés aux dignitaires de l’Eglise et aux personnalités.

Parmi elles, le secrétaire général de l’Onu Kofi Annan, le président américain George W. Bush, le Premier ministre britannique Tony Blair et le président français Jacques Chirac, mais aussi les présidents israélien Moshé Katsav et iranien Mohammad Khatami.

La foule des anonymes qui pleure le pape depuis une semaine a été reléguée au fond, pour les plus chanceux, et dans l’avenue, ou sur les places avoisinantes, et suivaient la messe sur des écrans géants.

De nombreux pèlerins venus de Pologne n’ont pas pu accéder à la place Saint-Pierre. Dirigés à leur arrivée à Rome sur le campus de l’université de Tor Vergata, à 20 kilomètres de la capitale, ils ont suivi la messe sur des écrans.

Les obsèques du pape des multitudes, souverain pontife le plus médiatique de l’histoire de l’Eglise et chef défunt de plus d’un milliard de catholiques, étaient retransmises en direct dans le monde entier.

Plus de deux millions de fidèles sont venus depuis lundi soir rendre un dernier hommage à sa dépouille mortelle exposée devant le maître-autel de la basilique et une véritable marée humaine à envahi Rome.

Jean Paul II devait être inhumé immédiatement après la messe dans la crypte située sous la basilique Saint-Pierre, à même la terre et sans sarcophage, conformément à ses dernières volontés dévoilées jeudi avec son testament.

Son successeur sera élu par les 116 cardinaux électeurs appelés à se réunir en conclave à partir du 18 avril.

Christian Spillmann
AFP

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