ONU: une réforme par étapes

La réforme de l’ONU nécessite une stratégie définissant les étapes prioritaires de ce processus afin de permettre à l’Organisation de faire face aux grands défis de la mondialisation, à savoir l’éradication de la pauvreté et le maintien de la paix et de la sécurité internationales, a déclaré lundi le représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU. « Servir au mieux l’ensemble de l’humanité et garantir la prospérité de millions de gens qui souffrent des affres de la pauvreté, des maladies et d’autres fléaux dévastateurs devrait être l’objectif primordial et le principe directeur de notre action collective visant la réforme de cette enceinte, dans la préservation des valeurs fondamentales qui ont présidé à sa naissance », a souligné devant l’Assemblée générale, l’Ambassadeur M. Mohamed Bennouna qui s’exprimait au nom du Groupe des 77 plus la Chine. Il a indiqué sa conviction qu’une réforme des institutions multilatérales s’avère, plus que jamais, nécessaire pour qu’elles puissent s’adapter dans les meilleures conditions aux nouveaux problèmes et aux nouvelles situations qu’affronte le monde. « Notre réflexion commune sur cette réforme devrait être accompagnée d’un effort soutenu et une volonté réelle pour le renforcement de notre action collective et la réalisation des objectifs du développement du Millénaire », a déclaré le diplomate. Aux yeux du représentant, le renforcement des Nations unies appelle un remodelage de l’architecture des organes intergouvernementaux et de leurs programmes et méthodes de travail, principalement l’Assemblée générale, le Conseil Economique et social et le Conseil de sécurité. Il a salué l’adoption de la résolution 57/270 B sur le suivi intégré et la mise en oeuvre des grandes conférences internationales sur le développement durable, le financement du développement ou le commerce, pour permettre la réalisation des Objectifs du développement du millénaire (ODM). Cette résolution implique que l’Assemblée générale et le Conseil économique et social (ECOSOC) jouent un rôle dans le contrôle des réalisations, dans leur suivi et dans l’adoption des mesures d’ajustement nécessaires. Pour ce faire, l’ECOSOC devrait être plus opérationnel dans la coordination des actions des institutions spécialisées des Nations Unies et le renforcement de la coopération avec les institutions de Bretton Woods, a-t-il indiqué. M. Bennouna a estimé également que l’Assemblée devrait tenir une session permanente et réagir aux propositions venant de l’environnement international directement via l’ECOSOC, pour faire face aux défis de la mondialisation. Dans le même esprit, il a suggéré de renforcer la présence et le rôle de la présidence de l’Assemblée et de lui donner les moyens adéquats à cet effet. L’ambassadeur a en outre préconisé que celle-ci pourrait faire un meilleur usage de son pouvoir de décision en matière budgétaire, au titre de l’Article 17 de la Charte. Notant que le Groupe des 77 attend beaucoup du rendez-vous au plus haut niveau sur les ODM en 2005, il a réitéré la disponibilité du groupe à apporter sa pleine coopération pour parvenir à des résultats dans les meilleurs délais afin d’amorcer réellement la dynamique tant souhaitée de la réforme.

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