Oussama Ben Laden sur CNN

Selon CNN, l’entretien n’avait jamais été diffusé par la chaîne qatariote Al-Djazira, parce que, d’après cette dernière, il n’en valait pas la peine. Contre mauvaise fortune, bon coeur, la télévision américaine s’est donc intéressée à la chose et jeudi soir le show Ben Laden a pu continuer en avant-première sur les écrans américains. CNN a d’ailleurs expliqué à ses téléspectateurs qu’elle s’était procurée la vidéo auprès « d’une source non-gouvernementale », exposé que du côté Qatar, on dénonce vivement…
Au niveau du contenu, il semble que l’interview ait été réalisée un mois après les attentats du 11 septembre dernier, soit deux semaines avant que Kaboul ne revienne aux soldats de l’Alliance du nord soutenus par l’armée américaine. Long d’une durée de soixante de minutes, cet entretien pourrait donc être le premier – d’une série – d’Oussama ben Laden après le 11 septembre. Vêtu d’un treillis militaire, celui-ci y explique que la guerre menée par les Etats-Unis contre le terrorisme conduit le peuple américain tout droit « vers un enfer insupportable et une vie de suffocation ». Interrogé par le journaliste sur son implication dans les attentats du 11 septembre, Ben Laden répond que « l’Amérique a porté de nombreuses accusations contre nous et contre de nombreux autres pays musulmans. Nous accuser d’actes terroristes est injustifié ». Après cette réflexion ambiguë, il en vient toutefois aux choses sérieuses. Et ajoute : « si inciter des gens à le faire, c’est du terrorisme et si tuer ceux qui tuent nos fils, c’est du terrorisme, alors que l’histoire soit témoin que nous sommes des terroristes (…). Nous tuons les rois des infidèles, les rois des croisades et les civils infidèles pour réagir à la mort de nos enfants tués par ces-mêmes personnes. La loi islamique le permet, en toute logique »… Dans sa démonstration, le milliardaire saoudien annonce même avec confiance la future défaite américaine. « Nous pensons que la défaite de l’Amérique est possible, avec l’aide de Dieu, et est même plus facile pour nous – que Dieu nous le permette – que ne l’était la défaite de l’Union soviétique ». « Je vous le dis, la liberté et les droits de l’homme sont condamnés en Amérique »…
Un entretien qui, aussi peu informatif qu’il puisse l’être, apportera en tout cas une motivation supplémentaire aux autorités américaines toujours à la recherche de leur ennemi numéro un, dont la mise à prix se monte à 25 millions de dollars.

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