Palestine : le difficile dialogue

Discussion à la palestinienne ou la marche à reculons ? La journée de dialogue sollicitée par le président de l’Autorité palestinienne a échoué avant même d’avoir lieu.  Le dialogue national palestinien a été reporté en raison des profonds différends entre le gouvernement du Hamas et le dirigeant Mahmoud Abbas.
L’Autorité palestinienne au bord de la faillite et d’éventuelles discussions, pouvant mettre fin à l’impasse politique et économique, devront attendre. L’heure est désormais à la discorde. Un responsable du Fatah, Abdallah Abdallah, a affirmé que le gouvernement et M.Abbas n’avaient pas réussi à se mettre d’accord sur la personnalité présidant la conférence. « Abou Mazen (Mahmoud Abbas) a envoyé des invitations pour cette conférence qu’il devait présider, mais nous avons appris hier (samedi) que le (Premier ministre) Ismaïl Haniyeh et son gouvernement voulaient être eux-mêmes en charge de ce dialogue», a-t-il déclaré.
De son côté, le cabinet, qui a accusé récemment la présidence de vouloir le faire échouer dans sa mission en lui retirant des pouvoirs, a argué qu’une telle conférence devait être soigneusement préparée «pendant une semaine ou deux» pour aboutir à des «résultats concrets et pas seulement des mots».
«Nous avons besoin de plus de préparation entre le Fatah et le Hamas car si nous nous mettons d’accord entre nous, ce dialogue aura plus de chances de réussir», a affirmé le porte-parole du gouvernement Ghazi Hamad. Mahmoud Abbas «viendra à Gaza dans deux jours. Je pense qu’il y aura des discussions entre Abbas et Haniyeh afin d’éclaircir les choses», a-t-il ajouté.
Cependant, M.Hamad a, par avance, refusé un dialogue qui tournerait au procès contre le gouvernement, qui fait face aux plus grandes difficultés après la suspension des aides financières de l’Union européenne et des Etats-Unis. «Nous soutiendrons toute proposition qui sera dans l’intérêt national, mais toute tentative d’accuser le gouvernement d’être inefficace sera rejetée»,  a-t-il indiqué. Dimanche, Ismaïl Haniyeh avait minimisé l’importance de la tenue de cette conférence, affirmant que le dialogue entre les Palestiniens n’était pas «nouveau». Ce n’est pas tout.
Le parti Hamas, à l’instar du groupe radical armé le Jihad islamique, a affirmé n’avoir reçu aucune invitation officielle pour participer à cette conférence. «Personne ne nous a envoyé d’invitation», a indiqué le porte-parole du mouvement islamiste Sami Abou Zouhri, qui a également estimé que le manque de préparation était à l’origine du report.  Et d’ajouter : «Afin de réussir, tout dialogue doit être bien préparé.
L’ordre du jour et les mécanismes de sa tenue doivent être acceptés par tous les groupes, ce qui n’est pas le cas pour le moment». Ainsi pour le Jihad islamique, responsable des derniers attentats anti-israéliens et de la plupart des tirs de roquettes, les participants doivent avant tout discuter de «l’occupation». «Nous sommes d’accord avec un dialogue national, mais les priorités sont de mettre fin à l’occupation, arrêter les violences et les crimes sionistes, obtenir le soutien international. Ensuite nous pourrons parler des problèmes internes», a affirmé à l’AFP Khaled al-Batch.

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