Pour un Conseil national des MRE

Ce Conseil, qui sera un cadre institutionnel, permettra aux MRE d’élire leurs représentants aux deux Chambres du Parlement. Il sera également un cadre de dialogue et de concertation offrant la possibilité à la communauté marocaine établie à l’étranger de participer au développement politique, économique et culturel de son pays, ont estimé les intervenants lors d’une séance plénière axée sur le thème « Migration, diaspora et développement économique ».
Dans un exposé sous le thème « Diaspora marocaine et représentation institutionnelle au Maroc », M. Abdelkrim Belguendouz, professeur à l’université Mohammed V de Rabat, a appelé à faire bénéficier les MRE de leurs droits constitutionnels (droit de vote et d’éligibilité) ce qui, selon lui, n’est absolument pas contradictoire avec leur participation politique dans leurs pays d’accueil. Il a appelé le gouvernement à procéder à la révision du code électoral qui ne permet aux MRE de voter que lorsqu’il y a référendum et de ne se présenter aux élections législatives que s’il se trouvent au Maroc.
Evoquant l’apport des immigrés dans leur pays d’accueil, M. Mohamed Khachani, professeur à l’Université Mohammed V de Rabat, a relevé que « la question migratoire est abordée, souvent, par les pays d’accueil sous un signe négatif », en ce sens que l’on parle toujours d’immigration clandestine, délinquance, trafic de drogue. Ceci, a-t-il dit, est également repris sur le plan institutionnel dans la mesure où le processus de Barcelone a relégué au troisième plan la question de l’immigration avec toutes ses composantes. M. Khachani a plaidé pour une campagne de sensibilisation auprès de ces pays destinée à corriger l’image des immigrés, « qui ne sont pas une source de problèmes mais une entité qui participe de manière substantielle au bien-être de leurs pays d’accueil ». Il a cité, à cet égard, trois apports des MRE dans leur pays d’accueil: l’immigration comme palliatif de la déficience d’offre de travail dans les pays d’accueil, l’immigration élitiste (exode des compétences vers les pays du nord) et l’apport démographique (déficit démographique en Europe). M. Khachani a, en outre, appelé à établir un diagnostic et un constat de la situation pour répertorier les compétences marocaines installées à l’Etranger et pouvoir définir les créneaux dans lesquels ils puissent contribuer au développement de leurs pays.
Pour sa part, le président du Conseil consultatif des droits de l’Homme (CCDH), M. Omar Azzimane, qui a présidé cette séance plénière, a, dans une déclaration à la MAP, indiqué que la compréhension de la question migratoire progresse de plus en plus, soulignant l’importance capitale de la contribution des MRE au développement régional et local du Maroc. Ce forum offre l’occasion pour « déblayer le terrain » de manière à « lancer un certain nombre d’expériences pilotes », a-t-il dit, rappelant la création au sein du CCDH d’une commission chargée des droits des MRE, dont la mission est de défendre les droits des immigrés « surtout lorsqu’ils se trouvent dans une situation difficile ». Plusieurs thèmes ont été débattus lors de ce forum, portant notamment sur « innovation, valeur de développement », « l’université entrepreuneriale », « la dimension féminine de l’entreprise », « innovation et gestion des compétences », « la diaspora et représentativité politique dans le pays d’accueil », « la migration, diaspora et développement »et à « la stratégie de mobilisation des compétences marocaines à l’étranger, programme FINCOM ».
Organisé sous le thème « PME-PMI : co-développement et innovation », ce forum, dont la séance de clôture a été présidée par le Conseiller de SM le Roi, M. André Azoulay, a vu la participation de plusieurs experts, universitaires, et hommes d’affaires marocains et étrangers.

• Hicham Alaoui MAP

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