Pour une nouvelle politique pénale

Pour une nouvelle politique pénale

Tout déficit ou fragilité dans la politique pénale a des conséquences sur la sauvegarde des intérêts et de la liberté de la société, a affirmé, mercredi 26 avril à Marrakech, le ministre de la Justice, Mohamed Bouzoubaâ.
S’exprimant lors de l’ouverture d’une conférence sur "Les politiques pénales dans le monde arabe", M. Bouzoubaâ a plaidé pour la mise en place d’une stratégie globale efficiente basée sur une solide volonté politique tenant compte des références nationales et universelles en la matière, dont les traités internationaux sur les constitutions.
Tracer les contours d’une politique pénale est "une opération délicate et stratégique", a-t-il ajouté, soulignant que la nature des législations et des procédures pénales détermine le degré d’efficacité des politiques pénales suivies pour lutter contre le crime et protéger les victimes. M. Bouzoubaâ a rappelé, dans ce contexte, la complexité et la diversité des formes actuelles de criminalité, mettant l’accent sur le développement qu’elles ont connu au plan technologique et sur les dangers qu’elles représentent sur les valeurs et les intérêts suprêmes des Etats, surtout dans leurs aspects transfrontaliers où elles prennent une envergure internationale. L’action arabe commune se trouve, dans ce contexte, confrontée "à un nouveau défi qui requiert l’optimisation de la coopération et de la coordination pour suivre de près tout ce qui concerne les phénomènes criminels aux plans national  et arabe", a-t-il précisé. Il a, à cet égard, appelé à faire face au crime d’une manière "rationnelle",  à travers un travail préventif ciblant les causes de ce phénomène et des actions aidant à la réinsertion sociale des auteurs de crimes, et ce "dans le cadre d’une politique d’incrimination efficiente et d’un système pénal productif", tout en veillant à la consolidation des mécanismes et des instances  de la justice pénale.
Le ministre a, par ailleurs, donné un aperçu sur l’expérience marocaine en matière pénale marquée par "des échecs et des réalisations", mettant en exergue  le nouveau processus des réformes législatives en cours dans les divers domaines et la création de nouvelles instances actives dans le domaine des droits de l’Homme.
M. Bouzoubaâ a également rappelé que son département a mis sur pied une commission formée de magistrats, d’avocats et d’enseignants universitaires chargée d’élaborer le projet d’un nouveau code pénal "incluant des lois plus audacieuses en termes d’incrimination et de condamnation".
Les grands axes de cette initiative s’articulent autour de la reclassification des crimes et l’ajout de nouvelles catégories de délits, a-t-il précisé. Pour sa part, Moubarak El Khaldi, ministre palestinien de la Justice et président de la 21ème session du Conseil des ministres arabes de la Justice, a fait remarquer "que la politique pénale, que les grandes puissances tentent d’imposer, ne peut réaliser la stabilité escomptée".

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